28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 15:41

 

Viande et charcuterie vecteurs de cancer

Ou

Et mon cul, c’est du poulet ?

(Nicolas Gauthier)

 

Les études scientifiques, souvent, se suivent et se ressemblent. Il s’agit souvent de foutre la trouille au pékin moyen. Parfois, il y a de bonnes raisons de s’inquiéter ; parfois, on est en droit de douter.

Dernier texte du genre : viande rouge et charcutaille seraient « cancérogènes ». « Cancérogènes » et non point « cancérigènes »… où est la différence ? Le premier terme concerne tout simplement une substance susceptible de susciter un cancer, alors que la seconde se contenterait de l’entretenir. Querelle byzantine et belle affaire… d’ailleurs, il faut bien mourir de quelque chose.

Au-delà des joutes sémantiques, un autre facteur est autrement plus important. En effet, cette étude américaine concerne au premier chef la viande américaine. Soit une bouffe industrielle importée depuis trop longtemps en France et en Europe. Soit une industrie ignoble, façon « ferme des mille vaches ».

 

 

Certes, les animaux sont aussi là pour nourrir l’homme, même s’il est rare que l’on mange le chat ou le chien de la maison. Mais avant de finir sur nos tables, cochons, moutons et vaches n’ont-ils pas le droit, eux aussi, à mourir dans une certaine forme de dignité ? Lorsque parcourant nos campagnes françaises, j’aime souvent, avec mon épouse, à garer la voiture sur le côté des chemins vicinaux, voir si l’herbe y est belle, les blés pas trop loin de la moisson, contempler ces animaux dormant paisiblement dans leurs champs, qui sont aussi un peu leurs assiettes, sans même imaginer le sort funeste qui les attend, c’est un peu le rendez-vous avec la beauté, loin de la branlitude institutionnelle de la FIAC.

Là, devant tel spectacle, une sorte d’harmonie ne tarde pas à vous prendre au cœur. Quoi de plus beau que le regard affectueux d’une vache ? Qui vient vous lécher la joue, avec sa langue aussi grosse qu’un steak.

Tout petit, lorsque placé garçon de ferme chez ces « culs-terreux » habitant depuis mille ans à côté de la maison de famille, j’ai conduit le tracteur, amené les vaches aux champs. Autres temps, autres mœurs. Mais ces vaches, je les ai toutes aimées. Elles avaient toutes leurs petits noms. La Roussette était feignasse et il fallait lui triquer le cul pour qu’elle avance. La Noiraude était si bête qu’il fallait toujours la remettre dans le droit chemin, même s’il n’y en avait qu’un, et pas bien grand ; mais elle était distraite, devant probablement rêver d’un autre monde. La Blanchette était gourmande comme pas deux et j’ai souvent cassé ma badine sur son gros derrière afin qu’elle renonce à s’arrêter tous les deux mètres, à brouter les mûres que nous guignons, moi et mes copains du village, alors que son casse-croûte l’attendait dans le champ d’à côté. Les mûres, c’est pour les hommes et l’herbe pour les vaches, chacun chez soi et les vaches seront bien gardées !

 

 

Je plains les jeunes Français qui n’ont pas connu ce siècle dernier, durant lequel il était encore permis de vivre et de tuer le cochon dans la cour de la ferme. Alors, oui, le cancer… Peut-être, mais on s’en fout ! Comme dit plus haut, il faut bien mourir de quelque chose. À condition, toutefois, que notre âme et celle de notre peuple ne se trouvent pas, post-mortem, lyophilisées en barquettes de polystyrène et mises sous vide par la grande distribution.

Est-ce finalement trop demander ?

 

Published by Willow - dans Divers
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