29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 23:22

 

Coq en stock

Ou

L’éternel retour

(Jean-André Bossy)

 

« Nous vivons une époque où l'on se figure qu'on pense dès qu'on emploie un mot nouveau. »

Alexandre Vialatte

 

 

Lors des matchs de balle au pied, chacun peut toujours trouver matière à controverse, qui pour un hymne non chanté ou hué, qui pour une descente de bus manquée, qui pour un crachat, un coup de boule…

Aristide Leucate considère les stades comme les laboratoires de la « kosovarisation » de la France ; quant à moi, je suis surpris de l’emblème que portent encore les joueurs de l’équipe dite de France : un coq !

Mais que fait cet oiseau, ci-devant gaulois, sur des maillots français ? Il est bien entendu que « nos ancêtres les Gaulois » est un mythe aux relents nauséabonds, un fantasme de Zemmour. La France a toujours été une terre d’immigration, de métissage, fleurant bon le vivre ensemble et le « padamalgam ». D’ailleurs, trouvez-vous que Benzema ressemble à Astérix ? Confondriez-vous Sissoko et Vercingétorix ?

Alors, comment ce volatile a-t-il atterri sur les maillots de nos sportifs, des pousse-citrouille jusqu’aux gentlemen pratiquant un sport de voyous, mais aussi sur le Grand Sceau de France, sur le drapeau de la Garde nationale, sur le premier et second contre-sceau de Louis-Philippe Ier, et sur la pièce de dix francs République de 1986 ?

 

 

Comme dirait Vialatte, il remonte à la plus haute Antiquité, il est issu d’une boutade de légionnaires, voire de centurions. Les Romains se moquaient ainsi des Gaulois car gallus désignait le coq, tandis que Gallus, avec une majuscule, signifiait Gaulois. Le fameux gallus, gallī, 2e déclinaison, que tout le monde apprend lors des enseignements pratiques interdisciplinaires, c’est-à-dire sur un air de rap en jouant au basket. Le coq, considéré braillard et vantard par les Romains, devint l’emblème des Français, que nos rois adoptèrent par bravade, arguant qu’il s’agissait d’un volatile courageux, choisi, de surcroît, par Jésus pour révéler au petit matin le reniement de Pierre. Mais n’allez pas croire que les Français sont de religion chrétienne : tout faux, Morano ! Si Napoléon parvint à substituer la Saint-Napoléon à la fête nationale française du 15 août, héritage du vœu de Louis XIII qui consacra la France à la Vierge Marie (n’insistez pas, vous dis-je), il tenta mais ne réussit pas à faire remplacer le gallinacé par un aigle.

Bref, sur le maillot, nos hommes aux pieds d’argent, au jeu « nickel » (ou nos pieds-nickelés gagnant trop d’argent, je ne suis pas spécialiste) portent encore et toujours, avec la fierté qui s’impose (ou, à défaut, celle qu’il leur reste), le représentant mâle adulte des espèces galliformes. Nonobstant les polémiques sur l’héritage de nos ancêtres les Gaulois, de notre culture grecque et latine, de notre religion catholique, je suis étonné que les Femen et le ministère des Droit des femmes n’exigent pas illico presto le remplacement du coq par une poule.

Pour tuer la polémique dans l’œuf, j’indiquerai que le rapprochement des footballeurs avec une poule conduit invariablement devant un tribunal…

Dura Lex, sed Cocorico !

Published by Willow - dans Divers
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commentaires

les Caphys 30/11/2015 11:41

nos coqs sont fin prêts pour une sextape d'enfer !

Willow 30/11/2015 21:48

Cela doit pouvoir se négocier ;O))