2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 18:27

 

Serge Gainsbourg

L'étonnant Serge Gainsbourg

2001

(Henri Saint-Amand)

 

Le 2 mars 1991, il y a tout juste 25 ans, disparaissait à l’âge de 62 ans Serge Gainsbourg, l’une des grandes figures de la chanson française, victime d’une cinquième crise cardiaque qui lui aura été fatale.

Il ne faudrait pas retenir de Gainsbourg que l’alcoolique, l’excessif, le coureur de jupons, le facétieux insurgé ou le Sardanapale qu’il fut, en train de griller la moitié d’un Pascal (billet de 500 francs) sur un plateau de télévision dans l’émission « 7/7 » du 11 mars 1984, ou encore en train de déraper sur les plateaux de télévision, comme la fois où il voulait « rendre ses hommages » à Whitney Houston, qu’il trouvait très à son goût. C’était en avril 1986, à l’émission « Champs-Elysées ». « I want to fuck you », lançait Serge Gainsbourg à la chanteuse en vogue, pendant que Michel Drucker, très embarrassé, traduisait : « Il dit que vous êtes très jolie… » Mémorable !

 

 

Peut-on faire plus sulfureux et controversé que Lucien Ginsburg (son vrai nom), né le 2 avril 1928 dans le 4e arrondissement de Paris ? Peu, aujourd’hui, arrivent à son niveau, avec autant d’éclat et de génie. Car, oui, « Gainsbarre » tel qu’il s’autoproclamait dans les années 80 était un vrai génie de la musique. Il s’est essayé, avec bonheur et succès, à tous les styles : reggae, rap, classique, rock progressif, musique afro-cubaine, jazz, etc. Il a même « revisité » (comme disent les grands cuisiniers d’aujourd’hui) « La Marseillaise », dans une version reggae intitulée « Aux armes et cætera ». Ce qui lui a valu des déboires en janvier 1980 avec des dizaines de militaires parachutistes à Strasbourg. Ces derniers étaient prêts à en découdre avec lui. Finalement, Gainsbourg a fini par chanter les vrais couplets de l’hymne national devant des militaires au garde-à-vous. La totale réconciliation est venue, quand, invité à fêter Camerone à Nîmes, avec les légionnaires, il s’y est rendu avec un cadeau en prime. Les légionnaires sont devenus ses amis.

 

 

Que retient-on de lui aujourd’hui ? Des airs comme « Poupée de cire, poupée de son » , Les (controversées) « Sucettes à l’anis » ; « La Javanaise » ; « Le Poinçonneur des Lilas », « Initials B.B. », « Sea, sex and sun », « Je t’aime moi non plus », « Je suis venu te dire que je m’en vais » ou le sublime « Requiem pour un con » qui a rythmé le film de Georges Lautner, Le Pacha. Bref, toutes ces chansons furent des tubes et sont devenues « culte ».

Déçu par la peinture où il n’a jamais percé, écrivain presque raté (on se souvient d’Evguénie Sokolov), il est inspiré par Boris Vian qu’il croise dans les années 50 au Milord. Il se dit : « Je peux faire quelque chose dans cet art mineur… » Il en a fait un art majeur et l’a mis au service du cinéma et de la télévision. Plus à raison qu’à tort, il a été accusé de plagiat pour s’être un peu trop inspiré de certains répertoires littéraires et musicaux. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, Serge Gainsbourg aura incontestablement marqué son époque.

 

Published by Willow - dans Divers Musique
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commentaires

Saly 02/03/2016 22:52

Gainsbourg ou Gainsbar ? Qu importe le vin pourvu qu on ait l ivresse ?

Willow 03/03/2016 23:47

Si le lendemain on a le casque à pointe, c'est qu'on a bu de la piquette ;O))