31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 17:58

 

La nuit de l'infamie

Une confession

De

Michael Cox

 

Traduit par Claude Demanuelli (Points) 2008

 

Sans être un expert en histoire j’ai, comme certains d’entre vous, un intérêt tout particulier pour ces périodes qui ont marqué, par l’intermédiaire du cinéma et de la littérature, mon imaginaire d’adolescent. A l’instar de la conquête de l’Ouest américain et de ses héros bien souvent sublimés, l’époque victorienne s’avère à mes yeux un paysage idéal pour le romancier.

C’est l’époque des fiacres  que l'on interpelle d'un lever de canne, des allumeurs de réverbères et des corsets, mais aussi d'Oscar Wilde et de Charles Darwin, des romantiques et des impressionnistes, sans oublier l'émergence fulgurante de l'industrie moderne. Les avancées techniques côtoient des croyances désuètes, le raffinement des plus hautes classes sociales se frotte dans la rue à une misère extrême et commune du petit peuple, encore menacé par le choléra, la City élitiste fait le contrepoint avec les docks grouillants et populaires.

C’est aussi une époque propice au déploiement d'intrigues complexes qui brassent les problèmes sociaux et les grands desseins personnels, la science révolutionnaire et les obscurs préjugés.

Comme vous, j’ai été séduit par le génie d’un certain Sherlock Holmes, frissonné au contact de l’âme noire d’un Jack l’éventreur, d’un Dracula ou d’un Dorian Gray, mais j’ai aussi exploré l’intime tourment d’un double docteur Jekyll et M. Hyde sans oublier d’être émerveillé par la fabuleuse machine à explorer le temps de H. G. Wells. Aors, comme moi, plongez-vous dans l'énigmatique confession d'Edward Glyver.

 

 

« Après avoir tué l’homme aux cheveux roux, je suis allé chez Quinn m’offrir un souper d’huîtres... »

Ainsi débute l’extraordinaire confession d’Edward Glyver, fin lettré, bibliophile averti, grand fumeur d’opium et assassin à ses heures. Par une nuit brumeuse d’octobre 1854, près du Strand, à Londres, il vient de tuer froidement un inconnu. Cet acte est la répétition générale du meurtre projeté de celui qu’il appelle son « ennemi ». Edward Glyver se sent promis depuis toujours à un grand destin. Or une découverte fortuite le persuade qu’il a raison. Un grand destin l’attend, assorti d’une influence et d’une richesse immenses. Et la vie qu’il a menée jusqu’ici n’est qu’un mensonge, à commencer par le nom qu’il porte.

Désormais il ne doit reculer devant rien pour recouvrer son identité véritable et l’héritage dont il a été spolié à sa naissance. Désormais le meurtre et la duplicité, l’amour, la trahison et la vengeance vont jalonner la route qui le conduit - qui nous conduit - de Londres, la plus grande ville de l’époque, avec sa splendeur et sa misère, jusqu’à Evenwood, la plus sublime, la plus enchanteresse des demeures d’Angleterre. Mais, à chaque pas, un autre le précède et l’entraîne irrésistiblement : Phoebus Daunt, son ennemi mortel.

La Nuit de l’infamie reflète une formidable fascination pour l’ère victorienne et ses grands maîtres. Ce livre se rattache aux conventions du roman victorien à suspense, avec son intrigue à rebondissements et à sensations fortes. Il rend hommage au pouvoir de la narration et tient le lecteur en haleine de l’étonnante première ligne à la dernière révélation.

 

 

A la lecture de « La nuit de l'infamie » de Michael Cox, je me suis laissé emporter par le charme désuet de l’époque victorienne et de sa trame romanesque fait de destins grandioses et de sentiments exacerbés.

Promené de Londres à la splendide demeure d’Evenwood, en passant par Sandchurch et Cambridge. On voyage au début du XIXe siècle entre la campagne anglaise et la grande ville ; entre la haute société, ses petits arrangements et les bas-fonds nauséabonds ; entre des amitiés sincères et de terribles duplicités.

A l’image d’Alexandre Dumas, Michael Cox a le don de la mise en scène, il nous entraine au côté de son héros maudit de rebondissement en rebondissement sans jamais nous lasser.  

Roman à suspense, descriptif sans être pesant, tragique et flamboyant « La nuit de l’infamie » est à n’en pas douter une réussite.

 

Published by Willow - dans Romans & BD
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commentaires

Florentin 02/04/2016 20:19

Séduit. Je lirai. Florentin

Willow 02/04/2016 22:21

Je pense que tu ne seras pas déçu ;O)