11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 14:52

 

Satan, tout le temps

De

Donald Ray Pollock

 

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Traduit par Christophe Mercier (Le Livre de Poche) 2014

 

Lorsqu’on envisage une petite virée tranquille à travers les collines et les forêts sauvages de la Virginie-Occidentale, ou qu’on désire arpenter en paix les rues des bourgades de l’Ohio, il est un regard qu’il est préférable de ne pas croiser. Ce regard, pourtant dépourvu d’animosité, est celui que porte Donald Ray Pollock sur cette Amérique rurale, blessée dans sa chair et meurtrie dans son âme. Avec une envoutante délicatesse il la déshabille pour nous et nous en dévoile ses répugnants dessous, maculés d’ignorance et poissés de cruauté. 

 

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De l'Ohio à la Virginie-Occidentale, de 1945 à 1965, des sombres destins se mêlent et s'entrechoquent : un rescapé de l'enfer du Pacifique, traumatisé et prêt à tout pour sauver sa femme malade ; un couple qui joue à piéger les auto-stoppeurs ; un prédicateur et un musicien en fauteuil roulant qui vont de ville en ville, fuyant la loi… La prose somptueuse de ce premier roman de D. R. Pollock contraste avec les actes terribles de ses personnages. Un univers terrifiant que la critique n’hésite pas à comparer à ceux de Flannery O'Connor, Jim Thompson ou Cormac McCarthy.

C’est un roman monstrueux qui se subit comme un fléau biblique dans une langue d’un autre temps. On n’a rien lu d’aussi dévastateur depuis des années.

Nicolas Ungemuth(Le Figaro Magazine)

Pollock sublime l’immoral, touche par sa prose lumineuse et donne ici un livre marquant, bien dans la démesure américaine.

Liliane Kerjan (La Quinzaine littéraire)

Un pur joyau du roman noir, une intrigue remarquable, une histoire magnifique racontée avec une parfaite maîtrise. Pourtant, ces superlatifs ne suffisent pas à traduire l’émotion ressentie à la lecture de ce livre. Émotion, oui, car l’ensemble des personnages sont crédibles, jusqu’à une vérité absolue.

Claude Le Nocher (Action Suspence)

Ce roman est extraordinaire, laissez-vous emporter par le fleuve noir de Donald Ray Pollock, il va vous emmener vers des contrées éblouissantes où vous n’aurez pas l’occasion d’aller tous les jours, cela va vous bouleverser et vous ne risquerez pas de l’oublier de sitôt. Coup de cœur, je vous dis !

Pierre Faverolle (Black Novel 1)


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Le rêve américain a depuis longtemps déserté l’âme déglinguée des personnages de Pollock. Ils sont ces bateaux ivres, portés par une funeste lame, sombrant dans les capricieux abîmes du jugement dernier. Car chacun d’eux, de l’innocent au corrompu, du plus perverti au plus pieux, est en quête de sa rédemption.

Emporté par le souffle de la narration, on en oublierait presque toute la noirceur du roman. Pourtant c’est bien dans une effrayante descente vers un monde maléfique que Donald Ray Pollock nous plonge ardemment. Le décor est planté comme une sinistre arène. Le mal y manœuvre à sa guise et abuse son monde en offrant à chacun l’espoir d’un remède au mal qui le ronge. Seulement l’odyssée est un leurre, un circuit sombre et violant, comme le sont ces voyages dont on ne revient pas.

« Satan n’abandonne jamais » dira le prédicateur, « Satan tout le temps » nous confirme Donald Ray Pollock.

Avec « Satan tout le temps », Donald Ray Pollock nous offre une œuvre majeure de la littérature américaine. Celle qui parle de fond tout en soignant la forme. Celle à laquelle on s’attache en redoutant la fin. Un monument de lecture dont on se souviendra longtemps.

 

Published by Willow - dans Romans & BD
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commentaires

ladymusette 13/09/2014 12:47


Je confirme, tu devrais être critique littéraire. Ce que j'aime c'est que tu racontes les ambiances des bouquins mais pas toute l'histoire comme certains. j'ai vraiment envie de le lire. Bisous.

Willow 13/09/2014 20:26



Généralement le 4eme de couverture résume assez bien l’histoire. Alors le plus simple c’est d’y ajouter sa perception et à l’occasion de susciter l’envie de lire le
roman. 



Pierre FAVEROLLE 12/09/2014 06:30


Salut, décidément tu lis du lourd ! un grand livre, violent, biblique. Personne n'en sortira indemne ! Grand prix de la littérature policière quand même ! Amitiés

Willow 12/09/2014 18:23



C’est bien à la démesure américaine surtout lorsqu’il s’agit du rapport avec la
religion. 



dacaio 11/09/2014 20:44


mince ... moi qui aime lire la nuit ... A coup sur, ton pollack va me faire avoir des sueurs froides ....





attends que je vérifie que portes et fenêtres sont bien fermés !! lol mdr


merci pour ton com ... jolis pierriers n'est ce pas ? mais dangeureux aussi ... l'ardèche, c'est vraiment la nature sauvage, presque hostile, parfois ..


bisous et bonne soirée


 

Willow 12/09/2014 18:24



T’inquiète pas, je veillerai dans le salon.