5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 00:05

 

Le mythe américain

Ou

Des cadavres dans le placard


Il arrive parfois que certains faits d’actualité s’entrechoquent et qu’il en découle un certain paradoxe. Nous  avons pu le constater  dernièrement dans le domaine des affaires étrangères, lorsque notre gouvernement, par la voix de Laurent Fabius, condamne le terrorisme islamique et que dans le même temps il apporte son soutien à ce dernier en Syrie.

Vous n’avez pu échapper, dans vos journaux, aux probables sanctions infligées à la BNP Paribas, par la justice américaine, pour avoir violé l’embargo américain contre des « Etats voyous ». Vous n’échapperez pas non plus aux festivités célébrant le débarquement en Normandie des troupes alliées. Quel rapport me direz-vous ? Loin de moi l’idée de nier la vie sacrifiée de jeunes américains, anglais, australiens … sur le sol français, mais je désire simplement rappeler qu’il y a des limites à la forfaiture américaine.   

« Oui, mais quand même les Américains nous ont  libérés en 45 ! » Combien de fois, nous a-t-on ressorti cette phrase ! Sur les bancs de l'école. Mais aussi lors de débats sur les guerres actuelles dans lesquelles les Etats-Unis sont impliqués.


MICHEL COLLON

5 juin 2014


40-45, la seule « bonne » guerre US ? Peut-être à nuancer. Quelques faits troublants sont documentés dans un excellent livre de l'historien Jacques Pauwels [1]. Ses documents irréfutables prouvent qu'une grande partie des sociétés US ont carrément collaboré avec Hitler, et pas seulement au début de la guerre : Du Pont, Union Carbide, Westinghouse, General Electric, Goodrich, Singer, Kodak, ITT, JP Morgan...


Le mythe de la bonne guerre (Jacques R. Pauwels)

Le mythe de la bonne guerre (Jacques R. Pauwels)


Pire. La grande nouveauté stratégique d'Hitler, ce fut la « Blitzkrieg », la guerre-éclair : porter très vite ses troupes au cœur de l'adversaire. Pour cela, deux conditions indispensables : des camions et de l'essence. L'Allemagne n'ayant aucun des deux, c'est Esso qui a fourni l'essence, tandis que les camions provenaient des usines allemandes de Ford et General Motors.


« Que cette guerre dure le plus longtemps possible ! »


Pauwels montre que :

1. Une grande partie du patronat US était pro-Hitler dans les années 30 et 40.

2. Cela n'a changé qu'au moment où les ventes des firmes US furent mises en danger par l'agressivité commerciale allemande en Amérique latine et ailleurs. Et par les occupations japonaises qui confisquaient tout le commerce en Asie.

En fait, les Etats-Unis jouaient double jeu. Ils souhaitaient que la guerre dure longtemps. Pourquoi ? D'un côté, les énormes profits que leurs sociétés réalisaient en Allemagne étaient en croissance. De l'autre côté, ils s'enrichissaient en prêtant à la Grande-Bretagne qui supportait tout le poids financier de la guerre. Washington posait d'ailleurs comme condition que Londres abandonne ses colonies après la guerre. Ce qui fut fait. Les Etats-Unis ont réussi à profiter de la Deuxième Guerre mondiale pour affaiblir leurs rivaux et devenir la seule superpuissance capitaliste.

Henry Ford : « Ni les Alliés, ni l'Axe ne devraient gagner la guerre. Les USA devraient fournir aux deux camps les moyens de continuer à se battre jusqu'à ce que tous deux s'effondrent. »

Le futur président Harry Truman, 1941 : « Si l'Allemagne gagne, nous devons aider la Russie et si la Russie gagne, nous devons aider l'Allemagne, afin qu'il en meure le maximum de chaque côté. »

Ce jeu cynique ne cessa que lorsque l'URSS vainquit Hitler. Alors seulement, les Etats-Unis se précipitèrent pour sauver leurs intérêts en Europe.

Demain 6 juin, on fera comme si la guerre avait été gagnée en Normandie et non à Stalingrad. On ne dira pas qu'Hitler perdit 90% de ses soldats à l'Est. Que pour un soldat US tué, il y en eut 53 soviétiques. Les manuels scolaires sont parfois bizarres, non ?


La bataille de Stalingrad

La bataille de Stalingrad


Voilà, désolé de vous avoir ôté une de vos dernières illusions. Demain, 6 juin, vous pourrez penser à tout ça lorsque sur une plage normande, on fêtera George Bush alors que son grand-père a financé Hitler. Dans quel monde vivons-nous ?


Note :

[1] Paru en néerlandais sous le titre « Le mythe de la bonne guerre » (l'Amérique et la Deuxième Guerre mondiale) , EPO 2000. Il existe aussi la version française. A recommander, c'est aussi plein de révélations sur Roosevelt, Truman, la menace d'envahir l'URSS, la récupération des espions et criminels nazis, Churchill, De Gaulle, Yalta...


Adolf Hitler & Prescott Bush

Adolf Hitler & Prescott Bush

Published by Willow - dans Divers
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