25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 16:56

 

22/11/63 de Stephen King

 

Stephen King - 22.11.63

 

Traduit par Nadine Gassié (Albin Michel) 2013

 

L’origine de mes premières lectures se situe dans mon enfance. Cependant, l’envie et le plaisir de lire me sont venus bien plus tard. Ces notions sont nées, sans aucun doute, avec la découverte de la bibliothèque municipale de mon quartier. Elle marquait pour moi le passage d’une lecture imposée au libre choix qui m’était offert. Par la suite, la fréquence de mes lectures a fluctué au gré des époques et de mes divers centres d’intérêt.

C’est en pénétrant l’univers d’auteurs comme Dean Koontz, Graham Masterton, Dan Simmons ou Stephen King  que j’ai vraiment repris goût à la lecture. Aujourd’hui, d’autres écrivains fréquentent ma bibliothèque, mais c’est toujours avec un immense plaisir que j’apprends la parution du récit d’un de ces romanciers.  Stephen King, puisque c’est de lui dont il s’agit, nous invite avec son dernier roman à revivre un des faits les plus marquants du XXème siècle.

 

Stephen King - 22.11.63 - A

 

2011. Jake Epping, jeune professeur au lycée de Lisbon Falls dans le Maine, se voit investi d’une étrange mission par son ami Al, patron du diner local, atteint d’un cancer. Une « fissure dans le temps » au fond de son restaurant permet de se transporter en 1958 et Al cherche depuis à trouver un moyen d’empêcher l’assassinat de Kennedy. Sur le point de mourir, il demande à Jake de reprendre le flambeau. Et Jake va se trouver plongé dans les années 60, celles d’Elvis, de JFK, des grosses cylindrées, d’un solitaire un peu dérangé nommé Lee Harvey Oswald, et d’une jolie bibliothécaire qui va devenir l’amour de sa vie. Il va aussi découvrir qu’altérer l’Histoire peut avoir de lourdes conséquences...

Une formidable reconstitution des années 60, qui s’appuie sur un travail de documentation phénoménal. Comme toujours, mais sans doute ici plus que jamais, King embrasse la totalité de la culture populaire américaine.

 

Stephen King - 22.11.63 - B

 

Avec Stephen King, nous sommes en présence d’un vrai conteur d’histoires. Chaque détail qu’il nous rapporte, loin d’être superflu, s’avère être une pièce maitresse d’un puzzle que lui seul connait et qu’il nous fait découvrir selon son bon vouloir.

Après avoir évoqué des pans de l’histoire américaine et nous avoir fait frissonner d’horreur avec ses précédents romans, voilà qu’il nous entraine sur les pas de son héros Jack Epping, un professeur d’anglais, dans un voyage à travers le temps. Le thème est récurrent dans la littérature fantastique, cependant avec Stephen King ce voyage dans le temps se transforme rapidement en une véritable reconstitution d’une époque.

 

Stephen King - 22.11.63 - Ford 1954 Sunliner

Ford 1954 Sunliner

Lequel d’entre nous n’a pas émis un jour le désir de pouvoir modifier le passé, afin de donner au futur une chance d’être plus acceptable. Cette occasion en or, est offerte à notre héros. Découvrant une faille temporelle cachée dans la remise d’un diner en aluminium, notre professeur d’anglais se lance dans l’aventure avec la ferme intention d’empêcher l’assassinat de Kennedy. Ce qui, au vu du déroulement de l’Histoire, pourrait se révéler d’une importance capitale, à la fois pour la femme et les enfants du président, mais aussi pour ses frères, peut-être pour Martin Luther King mais presque assurément pour des milliers de jeunes américains qui s’apprêtent, si rien ne change, à perdre la vie dans l’enfer du Viêtnam. Bon patriote, démocrate, pétri de bon sentiments, respectueux des femmes et des minorités ethniques, notre voyageur temporel se voit plongé dans un monde où ces valeurs semblent à peine exprimées et où les noirs n’imaginent même pas en rêve, que l’un d’eux se verra un jour confier les clefs de la Maison-Blanche. 

 

Stephen King - 22.11.63 - Lindy hop

 Lindy hop

Cependant, ce monde révolu de la fin des années 50 avait aussi une saveur incomparable. La bière racinette ne ressemblait à rien de connu, le Coca se versait en sirop à même le verre avec un peu d’eau de Seltz, et l’on pouvait dîner copieusement pour seulement 10 cents. Les voitures, quant à elles, arboraient des carrosseries rutilantes aux formes généreuses et l’on ne s’inquiétait guère encore de leur voracité. Pas de limitation de vitesse non plus sur les routes pour brider votre plaisir. Sans même parler des filles qui se prenaient toutes pour Kim Novak, grandes et saines, aux lèvres sensuelles et pulpeuses, avec de longues, très longues jambes gainées de bas jusqu’aux jarretières. Décidément oui, le passé avait aussi ses bons côtés.

 

Stephen King - 22.11.63 - Lee Harvey Oswald

Lee Harvey Oswald

Si le fil rouge de ce roman est sans aucun doute l’assassinat du président Kennedy, ne vous attendez pas à y découvrir des révélations sur le sujet. N’espérez pas non plus y lire les véritables motivations politiques du tueur, car le Lee Harvey Oswald décrit par Stephen King, n’est autre que le reflet fidèle du portrait qu’en a fait la Commission Warren.

Loin de la théorie du complot, ou de l’explication méthodique d’un fait qui a bouleversé le monde, le but de l’auteur est avant tout de nous dresser le tableau haut en couleur d’une époque à la croisée des chemins. 

 

Stephen King - 22.11.63 - La bibliothèque

La bibliothèque

A travers une histoire d’amour, rendue possible par les couloirs du temps mais contrariée par ce passé réfractaire au moindre changement, le roi King nous fait apprécier son style, fait d’une écriture simple à la fois visuelle et instinctive. Ce n’est pas pour rien qu’il a tant été adapté au cinéma. Aimer Stephen King, c’est avant tout accepter la part belle qu’il fait à ses personnages. On les aime, on les déteste, mais surtout ils n’ont rien de superficiel.

En acceptant de calquer vos pas sur ceux de notre héros, c’est un voyage en direction de l’inconnu que vous vous apprêtez à faire, car modifier le passé, c’est un pari incertain que l’on prend sur l’avenir. 

Published by Willow - dans Romans & BD
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commentaires

Les habitants de l'avenue 11/07/2013 17:38


comme tu le dis, un conteur d'histoires avant tout. Un livre passionnant ! du grand King !

Florentin 07/05/2013 14:31


Hello, camarade ! Toujours dans le dernier bouquin du roi King ? Je sais qu'il ne lésine pas sur la copie et que ses romans font dans la longueur, mais faudrait tout de même sortir de là pour
nous pondre un petit quelque chose. A plus. Florentin, l'impatient.

dacaio 01/05/2013 12:13


coucou beau gosse ... j'espère que tu passes le 1er mai entouré de clochettes parfuumées ... en ce 1er mai bien tristounet encore en provence, où il pleut toujours, je t'envoie ces brins qui pour
être virtuels n'en sont pas moins la preuve de mon amitié sincère ... bonne journée - bisous



Florentin 30/04/2013 14:52


J'ai lu deux ou trois bouquins du king King, sur les conseil de mon petit-fils aîné, qui est un fan du Stephen en question. Je n'ai pas trop accroché, car j'ai du mal à admettre l'intervention du
fantastique dans les intrigues. Ce que j'ai apprécié cependant, c'est l'atmosphère, l'ambiance, le suspense. En réponse à ton com : J'ai beaucoup lu l'Exbrayat des policiers rigolos, mais je m'en
suis fatigué, il devenait répétitif et tirait trop sur la corde. mais je suis resté fan de l'autre Exbrayat, celui qui est capable de romans aussi émouvants que profonds. Faut lire de lui, par
exemple "Un matin, elle s'en alla". A chialer. J'en parlerai un de ces jours. A plus. Florentin.

Mimi 29/04/2013 17:20


N'en déplaise à certaine, je me vois contrainte, encore une fois, de faire des compliments. Ces commentaires (et quelle ecriture) donnent vraiment envie de lire ce bouquin. Bisous.

dacaio 28/04/2013 18:13


bonsoir Jake ..... la barbare te salue bien .... hihihihihi .... oui, je vois bien de quelle photo tu parles .. d'ailleurs une autre blogpote l'a comparée à une oeuvre de Corot ...


il flotte toujours en provence ....la cata !!!


bisous bonne soirée


hihihi TOP les lunettes, non ???? au temps de âges farouches, fallait le faire !!! MDR sacré dessinateur !!!



edea75 28/04/2013 11:52


comme toi j'ai eu la chance d'accéder à ma bibliothèque de quartier assez jeunes et mes parents me laissaient choisir ce que je voulais, j'ai beaucoup lu King, Masterton, Dean Ray Koontz... King est inconstestablement le meilleur de sa génération et dans ce style, comme tu dis, un vrai conteur d'histoires. J'éprouve une
grande nostalgie quand je pense à "ça", la peau sur les os... cet été je pense relire ces deux ouvrages en ecoutant The cure histoire de faire une bonne cure de jeunesse !!!!

dacaio 27/04/2013 20:43


ehhhhhhhh sale gosse ....  arrête de me prendre pour la comtesse "perversa"  non mais, voyons, çà ne se dit pas ...; hihihihi .... merci pour l'appréciation sur la photo ... au juste de
laquelle parles-tu ??? hihihihiih


j'avoue que j'aime aborder un sujet par l'anecdocte .... que veux-tu je me veux "reporter" (mon rêve secret que ma petite nièce Chloé, va réaliser ... ) et non pas pas simplement Chroniqueur
touristique .... pour moi, c'est le détail qui justifie le tout !!!


bisousssssssssssss

dacaio 27/04/2013 18:42


mince !!  disparu mon dernier com ...  je te disais qu'en ce moment j'étais plutot "bottes Madison" ... ton com est plein d'humour mais sniff tu vas me faire passer pour une "amazone"
... j'aime le cuir mais pas à ce point   !!!! hihihihihihihi 


bonne fin de samedi - bisous

dacaio 27/04/2013 00:53


bonsoir James Dean .... moi aussi je suis fadade de lecture depuis que toute petite, 4 ans à peine, j'ai appris à lire en déchiffrant les .. affiches électorales !!! MDR LOL


Dean Koontz m'enchante mais ....


J'aime beaucoup aussi les oeuvres de S King et  je vais me procurer ce livre ... tu m'as alléchée avec ta nostalgie d'une époque que je t'avoue, j'aurais bien aimé vivre aussi .... dur dur
de trouver des porte-jarretelles et des bas de soie de nos jours !! hihihihihi


Je m'imagine assez en train de donner le top départ d'une course de bagnoles sur daytona Beach .... les roues dans l'eau ,svp !!! heyyyyyyyyyyyy !!!


bisous et bon samedi