8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 16:01

 

Les dessous d’un drame

Ou

Quand les larmes cachent l’horreur

 

Face à un drame comme celui des naufragés de Lampedusa, il est difficile de polémiquer. Pourtant, afin que de tels drames ne se reproduisent plus, il serait bon que nos médias ne se contentent plus de surfer sur la misère du monde mais daignent enfin en expliquer les vraies raisons.

Heureusement, il se trouve encore des journalistes dignes de ce nom qui font honneur à leur profession.  Afin que chacun de nous puisse en prendre connaissance et approfondir le sujet s'il le désire, je me suis permis de reproduire ici l’article de Manlio Dinucci paru dans Il manifesto.

 

Silvio Berlusconi & Mouammar Khadafi

Silvio Berlusconi & Mouammar Khadafi

 

La tragédie de Lampedusa

Ce dont l’Italie doit vraiment avoir honte


« Honte et horreur » : ce sont les termes utilisés par le président de la république Napolitano à propos de la tragédie de Lampedusa. Ils devraient plus exactement être utilisés pour définir la politique de l’Italie à l’égard de l’Afrique, en particulier de la Libye d’où provenait le bateau de la mort. Les gouvernants qui aujourd’hui battent leur coulpe sont les mêmes qui ont contribué à cette tragédie, et à d’autres, des migrants.

D’abord, le gouvernement Prodi, le 29 décembre 2007, souscrit l’Accord avec la Libye de Khadafi pour « faire obstacle aux flux migratoires illégaux ». Puis, le 4 février 2009, le gouvernement Berlusconi le perfectionne avec un protocole d’application. L’accord prévoit des patrouilles maritimes conjointes devant les côtes libyennes et la fourniture à la Libye, de concert avec l’Union Européenne, d’un système de contrôle militaire des frontières terrestres et maritimes. On constitue à cet effet un Commandement opérationnel inter-forces italo-libyen. La Libye de Khadafi devient ainsi la frontière avancée de l’Italie et de l’Union Européenne pour bloquer les flux migratoires d’Afrique. Des milliers de migrants venant d’Afrique sub-saharienne, bloqués en Libye par l’accord Rome-Tripoli, sont contraints de retourner dans le désert, condamnés à une mort certaine. Sans que personne à Rome n’exprime honte et horreur.

 

Lampedusa - Agence de santé de Palerme

Lampedusa - Photo de l'agence de santé de Palerme

 

On passe ensuite à une page plus honteuse encore : celle de la guerre contre la Libye. Pour démanteler un état national qui, malgré d’amples garanties et ouvertures à l’Occident, ne peut plus totalement être contrôlé par les Etats-Unis et par les puissances européennes, garde le contrôle de ses propres réserves énergétiques en concédant aux compagnies étrangères des marges de profit restreintes, investit à l’étranger des fonds souverains pour plus de 150 milliards de dollars, finance l’Union africaine pour qu’elle crée ses organismes économiques indépendants : la Banque africaine d’ investissement, la Banque centrale africaine et le Fond monétaire africain.  Grâce à un actif commercial de 27 milliards de dollars annuels et un revenu par habitant de 13 mille dollars, la Libye est avant la guerre le pays africain où le niveau de vie est les plus élevé, malgré les disparités, et se trouve félicitée par la Banque mondiale pour « l’utilisation optimale de la dépense publique, y compris en faveur des couches sociales pauvres ».  Dans cette Libye environ un million et demi d’immigrés africains trouvent du travail.

Quand en mars 2011 commence la guerre USA/OTAN contre la Libye (avec 10 mille missions d’attaque aérienne et de forces infiltrées), le président Napolitano assure que « nous ne sommes pas entrés en guerre » et Enrico Letta, vice-secrétaire du PD (Partito democratico), déclare que « les va-t-en-guerre sont ceux qui sont contre l’intervention internationale en Libye, et certainement pas nous qui sommes des bâtisseurs de paix ». « Paix » dont les premières victimes sont les immigrés africains en Libye, qui, persécutés, sont contraints de s’enfuir. Rien qu’au Niger 200 à 250 mille migrants reviennent dès les premiers mois, en perdant la source de revenus qui entretenait des millions de personnes. Nombre d’entre eux, poussés par le désespoir, tentent la traversée de la Méditerranée vers l’Europe. Ceux qui y perdent la vie sont eux aussi des victimes de la guerre voulue par les chefs de l‘Occident. Ces mêmes gouvernants qui aujourd’hui alimentent la guerre en Syrie, qui a déjà provoqué plus de 2 millions de réfugiés. Parmi lesquels certains tentent déjà la traversée de la Méditerranée. Si leur embarcation aussi coule, il se trouve toujours un Letta prêt à proclamer le deuil national.

Manlio Dinucci 

Published by Willow - dans Divers
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commentaires

dacaio 14/10/2013 23:02


hihihihihi sympa ton poème, mon bel ami masqué, mais si tu ouvrais mon armoire de salle de bain, tu serais ahuri !!! LOL MDR et je te dis pas le fric que je laisse à mon esthéticienne !!! ah !!
vanité, tout n'est que vanité !!! mais bon, à 86 ans, la copine à papa découpe encore des annonces pour crêmes antirides .. l'éternel féminin, quoi !!!


Bonne soirée - bises



dacaio 10/10/2013 23:02


hihihihihihi beau masque .. morte de rire devant ton poème qui n'est pas sans une joyeuse ironie ... 


finalement je crois que je vais renoncer à mon rôle de déesse  .... tous ces fidèles à mes pieds .... sniff !!! ils sont bien loin mes 20 ans ! LOL -les années s'envolent vite n'est ce pas
??


bisous



Willow 11/10/2013 00:42



 


 


 


Serait-ce donc un pamphlet


Parsemé d’ironie


Que d’écrire l’attrait


De façon si hardie


Sachez douce prêtresse


Qu’ici-bas la beauté


N’est point ce qu’on confesse


Mais ce qu’on veut cacher


Voulant semer le doute


Vous user d’artifices


Imaginant sans doute


Cacher votre malice


Au nombre des années


Votre image est intacte


Et ce n’est point pécher


Que d’en faire dont acte


 






dacaio 10/10/2013 20:12


bonsoir Willow et merci pour ton gentil com ... enntre nous, moi, je ne mets pas de girofle dans la choucroute ... juste du poivre noir ! 


sympa aussi le jeu de mots dans ta réponse ... penses-tu que je serais convainquante en prétresse du soleil ?? LOL MDR


bonne soirée - bises



Willow 10/10/2013 21:43



 


 


 


Oh toi ! Soliculus Zébulon


Prêtresse que l’on vénère


Dévoile-nous sous tes rayons


   Ton bel habit de chair


Chaque matin à tes genoux


On se nourrit de ta beauté


Danse donc encore, rien que pour nous


Humbles disciples énamourés


Et par-delà les horizons


Fais donc miroiter


Les bienfaits de notre folle passion


Quand elle se dépose à tes pieds









dacaio 09/10/2013 22:14


pour rebondir sur le com de Flo, j'en viens parfois à croire que les gens aiment les dictateurs !!! la démocratie leur fait-elle peur ?  ar elle suppose bien plus que l'obéissance passive
.... elle suppose la prise de conscience et de responsabilisation personnelle !!!

Willow 10/10/2013 16:21



Que Zébulon puisse rebondir cela semble tout naturel …. Mais à quand Gourou ? 



dacaio 09/10/2013 22:11


bonsoir Willow ... j'ai bien aimé ta réponse ... on pense pareil ... je pense que le drâme de l'humanité, c'est que certains peuples sont persuadés de détenir "la vérité", le "bon droit" ... et
s'acharnent à inculquer leurs prérogatives  à d'autres peuples ... mais le fait ne date pas d'hier ... il y a eu les croisades, C. Colomb etc ....  quand je vois les jeunes dans ma
boite, quand je les écoute, je ne peux aussi qu'être d'accord avec toi ... ils ont laissé bien souvent leur coeur et leur individualité dans la course à l'argent, aux biens matériels ... Ils ne
se rendent même plus compte qu'ils sont manipulés, stéréotypés, cadrés ... et le pire c'est qu'Ils se croient libres  !!!


bonne soirée - bisous

Willow 10/10/2013 16:15



Coucou Zébulon, merci pour tes commentaires. Je voudrais juste préciser une petite chose.
 A mon avis il s’agit de blâmer la finance plus que les peuples. Wall Street plus que le peuple états-unien qui lui, dans une grande majorité, souffre aussi. Le mal n’a pas de frontière mais
il a une origine parfaitement identifiée « La finance usurière ». 



Florentin 08/10/2013 23:23


Le paradoxe est qu'on est souvent contraint d'admettre les dictateurs. Parce qu'ils tiennent leur pays dans l'ordre, garantissent l'unité du pays et assurent une certaine "paix" sociale. On
pourrait rêver d'autres dirigenats pour ces pays, mais le pouvoir amène souvent, dans ces pays-là, à la dictature. L'Occident, quant à lui, qui se veut le guide suprême fout sa m ...
là-dedans. Avec parfois de verueueses intentions (commen supporter Khadafi et Assas ?). Et c'est la cata !

Willow 09/10/2013 18:05



Hello Mister News, nos médias semblent avoir abandonné le traitement objectif de l’information.
Préférant jouer la carte de l’émotionnel plutôt que de faire une analyse sérieuse des évènements. Bien sûr Kadhafi, Saddam Hussein, Assad étaient ou sont des dictateurs … La liste est longue.
Mais qui sommes nous pour juger, nous qui prétendons vivre en démocratie alors que l’on ne tient pas compte de nos objections exprimées par le vote. Nous n’avons besoin de personne pour ressentir
de la compassion et de la tristesse pour tous ces malheureux qui perdent la vie en espérant trouver une vie meilleure. Par contre, en expliquer les raisons demande un minimum d’analyse et
d’honnêteté de la part des journalistes qui traitent ces sujets. C’est uniquement par cette prise de conscience que nous arriverons à faire changer les choses. Je peux très bien admettre que la
vision de Manlio Dinucci ne soit pas totalement fidèle à la réalité, mais elle a au moins le mérite de dépasser le domaine de l’émotion. Merci Florentin pour ton commentaire sur ce sujet qui me
semble important.



dacaio 08/10/2013 22:42


bonsoir ... Je suis choquée par ces écrits de denucci que tu nous transmets  ... Il me révèle des faits qui  sont durs mais vrais  sans nul doute ... je suis horrifiée de la façon
dont sont traités les africains en général ... je crois hélàs que le monde qui se dit "civilisé" (quelle hérésie) a condamné ces peuples à disparaitre ...  j'ai visité l'Egypte, l'Ethiopie,
le Sénégal, la Tanzanie, le magreb  ... Malgré quelques tentatives d'union Africaine et une "apparente richesse" bancaire ou industrielle pour certains (mais qui détient réellement les
capitaux ?)  je crois que jamais n'a été plus d'actualité le beau livre de paton " pleure ô pays bien aimé" j'ai peur mon ami, j'ai peur que  ce continent ne se meurt ... on lui a fait
et on lui fait encore tant de mal ...  ... et ce,  du Cap à Tanger ... qu'il est loin, le temps de shéhérézade, de la reine de saba et de salomon ...


bises bonne soirée


 

Willow 09/10/2013 18:04



Coucou Zébulon, visiter ton blog est toujours pour moi un réel plaisir. Outre ta bonne humeur
et ton empathie pour tous, on y trouve tant de belles choses. En parcourant chacun de tes articles on se prend à croire encore à la bonté des hommes. Sans doute es-tu plus apte que beaucoup
d’entre nous à parler de la réalité des pays que tu parcours. Tu sais, toi, pour l’avoir vu, combien la cupidité de nos sociétés mercantiles peut rapidement rendre moches les endroits les plus
merveilleux. Ce que nous appelons progrès doit-il être un modèle pour tous et sous toutes les latitudes ? La finance détruit tout ce qui lui résiste. Les hommes, les modes de vie, les
croyances etc…  Tous doit pouvoir s’acheter et pour cela on divise, on appauvrit et comme on le voit de plus en plus on tue. C’est parfois difficile à admettre, mais l’homme est capable de
bien des horreurs. Si cruelle que soit la vérité, il faut la révéler. Nous nous interrogeons souvent sur le monde que nous allons laisser à nos enfants. Ne faudrait-il pas s’interroger aussi sur
les enfants que nous allons laisser à ce monde. Sans en faire une généralité, il faut bien admettre que dans bien des cas c’est l’argent qui leur semble être le symbole de la réussite. Ils ne
l’ont pas inventé, on le leur a inculqué.