17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 17:17

 

Les langues se délient

Ou

Ca cague un brin dans le ventilo

(Nicolas Gauthier)

 

Le moins qu’on puisse prétendre, c’est que pour sa nouvelle formule, le magazine Éléments, fondé il y a plus de quarante ans par Alain de Benoist, a fait fort tout en caguant un brin dans le ventilo.

 

Elément avec Michel Onfray

 

Ainsi, Michel Onfray, Normand encore plus têtu qu’un Breton, à force qu’on lui reproche de préférer « une analyse juste d’Alain de Benoist à une analyse injuste de BHL », pose crânement en couverture de la chose en question. Et livre un long entretien qui ne fait pas précisément dans la dentelle, titré « Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité ». Un exemple au hasard ? « Populiste ? Je préfère à libéral, capitaliste, bourgeois, mitterrandien, social-démocrate, social-libéral. Sollers a cru un jour me blesser en disant que j’étais un « tribun de la plèbe ». Il ne pouvait me faire plus grand honneur ! »

Voilà qui donne l’ambiance, virile et velue : « Ma gauche populaire est girondine, communaliste, libertaire, proudhonienne, autogestionnaire. Que la gauche institutionnelle, de Hollande à Mélenchon, de Libération à Médiapart, ne m’aime pas et me calomnie est plutôt une bonne nouvelle. Le contraire m’inquiéterait. » Voilà un viatique qu’on se plairait à signer…

 

Bernard-Henri Lévy & Alain de Benoist

 

Le reste est à l’avenant. Michel Onfray tire à vue sur les idoles en papier-mâché et les philosophes en peau de zébu. Planqué pas loin derrière, un autre original, véritable homme de droite, lui : le ténébreux conseiller Patrick Buisson. Onfray qui fait son coming-out et Buisson qui rompt une longue et bien compréhensible diète médiatique ; voilà des pages qui valent leur pesant de pistaches, surtout lorsque formant un volumineux dossier sur les sulfureux rapports liant droite et argent. Et cet aveu terrible du fameux visiteur élyséen du soir : « J’étais radicalement contre le discours de Grenoble. On est au pouvoir, il faut agir, en finir avec la communication politique. Cette question de l’immigration ne peut plus être réglée par la voie parlementaire. Consultons par référendum les Français. Les questions sont très simples : les critères d’attribution des prestations sociales ; le droit du sol ; le regroupement familial ; le droit d’asile ; les accords de Schengen. Cinq questions. J’ai encouragé Sarkozy à les poser. Il n’a jamais voulu… »

 

Patrick Buisson & Michel Onfray

 

De ce passionnant entretien, on retiendra encore ces phrases que les actuels candidats à la magistrature seraient heureusement inspirés de méditer : « La ligne de clivage est aujourd’hui sur la question de l’identité, laquelle est centrale, mais aussi du rapport à l’argent. L’argent ne fait pas société. Il détruit le lien social. C’est toute l’histoire des droites par rapport au capitalisme, d’abord entrepreneurial, puis financier, qui se trouve au cœur de la problématique politique, étant entendu que la financiarisation a accéléré un processus. La base anthropologique du capitalisme a longtemps été la chrétienté occidentale et ses valeurs. Ce qui est en train de s’épuiser aujourd’hui, puisque le socle culturel du transhumanisme, l’ethos infantiliste du capitalisme financier, ses rendements à 15 %, n’ont plus rien à voir avec les ressorts anthropologiques du premier capitalisme entrepreneurial, exactement comme la forme républicaine a bénéficié du legs anthropologique et historique de la France qui l’a précédé. La morale de nos pères, disait Ferry. »

 

De Hollande à Mélenchon, de Libération à Mediapart

 

Bref, ça dépote chez les « néo-réactionnaires » ou quel que soit le sobriquet dont des médias, toujours dominants mais de plus en plus à la ramasse, les affublent. Un grand bain d’intelligence, et hop ! On en ressort avec le cervelet tout propre, genre qui brillerait presque comme un miroir de bordel. En vente mercredi dans tous les kiosques.

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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 19:52

 

Cela a le mérite d’être dit

Ou

Difficilement contestable

 

Nous savons tous que durant ces dernières années, il n’était point besoin de débattre avec un opposant au système en place pour le décrédibiliser. Il suffisait, comme le dit si bien Michel Onfray, de le diaboliser ou tout simplement de l’ignorer. Ce qui ne passe pas à la télévision n’existe pas, c’est bien connu. Cependant, un tel comportement, à force d’être systématique, est devenu à bien des égards, aux yeux de nombreux français, affreusement suspect.

C’est ainsi que l’on a pu  voir de nombreuses personnes se tourner vers internet. Bien entendu la diabolisation continue, mais en coulisse on s’agite et l’on tente de contrer ce phénomène par des méthodes dignes d’un pays totalitaire : Intimidations, procès, mensonges journalistiques etc…

De tels procédés ont eu raison de bien des dissidents. Cependant, comme le disait Nietzsche dans « Crépuscule des idoles », ce qui ne me tue pas me rend plus fort. Ainsi on peut voir, que loin d’être étouffées, certaines voix rencontrent un écho de plus en plus favorable auprès du public. 

 

Thierry Vincent & Alain Soral

 

La nouvelle arme utilisée par nos médias : l’interview malveillante. Le dernier exemple en date, l’interview de Monsieur Alain Soral par une journaliste d’Arte. J’ai pu le constater par moi-même, en comparant le reportage passé à la télévision et l’intégralité de l’interview filmée par un caméraman d’Egalité & Réconciliation. Cela relevait en tous points à de la propagande.

Mercredi dernier, « Envoyé spécial » avait pour sujet « Est-il dangereux de porter une kippa en France ? ». Honnêtement, je m’attendais à ce que cela soit confirmé. Non pas que j’abonde dans ce sens, bien au contraire, mais parce que chaque jour tout est fait pour nous le faire croire. Sans nier qu’il puisse exister en certaine occasion, le reportage de Thierry Vincent montrait qu’au quotidien l’antisémitisme n’était pas une réalité palpable. Cependant, afin de ne pas se discréditer tout à fait aux yeux du lobby tout puissant que l’on ne peut nommer, le journaliste a réalisé une interview du diable fait homme, à savoir Alain Soral en personne. A mon grand étonnement, pas de trace de cette interview dans le reportage, mais à la place la vue de quelques commentaires antisémites recueillis ici ou là sur internet. Pas très satisfaisant j’en conviens.

Que c’était-il passé ? L’antisémite « notoire » se serait-il dégonflé devant les arguments acérés de notre pourfendeur bienveillant ? 

 

À vous de comprendre pourquoi !

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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 14:19

 

Se battre pour la vie

Ou

La sauvegarde des privilèges

(Amira Hass) [1]

 

C’est en lisant les commentaires concernant le conflit israélo-palestinien, publiés sur le blog de mon camarade Florentin, qu’il m’est apparu intéressant de donner ici un point de vue susceptible de mieux appréhender la situation. Je vous invite donc, dans un premier temps, à relire l’article « Une question ... Quand même ! ... », publié le 26 mai 2014 sur mon blog, et de lire ensuite le constats de la journaliste israélienne Amira Hass. 

 

Amira Hass

 

En Israël, il y a des journalistes qui n’ont pas de la gadoue dans les yeux, et qui voient parfaitement ce qui se passe en Palestine. Le régime de Netanyahou a décidé d’y mettre le feu, et apparemment rien ne l’arrêtera. Est-ce parce que les carottes sont cuites en Syrie et que le projet qu’ils comptaient mettre en œuvre avec des mercenaires internationaux est en train de tomber à l’eau ?

Que nous ne remarquions qu’il y a une guerre que lorsque des juifs sont assassinés n’enlève rien au fait que des Palestiniens se font tuer tout le temps.

Oui, il y a une guerre, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avec son mandat du peuple, a ordonné qu’elle s’intensifie. Il n’écoute déjà pas les messages de conciliation et d’acceptation du Président palestinien Mahmoud Abbas dans les périodes calmes, pourquoi devrait-il les écouter aujourd’hui ?

Netanyahu intensifie la guerre principalement à Jérusalem-Est, avec des orgies de punitions collectives. Il révèle ainsi qu’Israël a réussi à déconnecter physiquement Jérusalem de la plus grande partie de la population palestinienne, soulignant l’absence d’une direction palestinienne à Jérusalem-Est et la faiblesse du gouvernement de Ramallah, qui tente d’enrayer la dérive dans le reste de la Cisjordanie.

La guerre n’a pas commencé jeudi dernier, elle ne commence pas avec les victimes juives, et elle ne prend pas fin quand plus aucun juif n’est assassiné. Les Palestiniens se battent pour leur vie, dans le plein sens du terme. Nous, juifs israéliens, nous battons pour notre privilège en tant que nation de maîtres, dans la pleine laideur du terme.

Que nous remarquions qu’il y a une guerre que lorsque des juifs sont assassinés n’enlève rien au fait que des Palestiniens se font tuer tout le temps, et que tout le temps, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour leur rendre la vie insupportable. La plupart du temps, il s’agit d’une guerre unilatérale, conduite par nous, pour les amener à dire « oui » au maître, merci beaucoup de nous laisser en vie dans nos réserves. Quand quelque chose dans l’unilatéralité de la guerre est perturbé, et que des juifs sont assassinés, alors nous accordons notre attention.

 

 

Les jeunes Palestiniens ne vont pas se mettre à assassiner des juifs parce qu’ils sont juifs, mais parce que nous sommes leurs occupants, leurs tortionnaires, leurs geôliers, les voleurs de leur terre et de leur eau, les démolisseurs de leurs maisons, ceux qui les ont exilés, qui leur bloquent leur horizon. Les jeunes Palestiniens, vengeurs et désespérés, sont prêts à donner leur vie et à causer à leur famille une énorme douleur, parce que l’ennemi auquel ils font face leur prouve chaque jour que sa méchanceté n’a pas de limites.

Même le langage est malveillant. Les juifs sont assassinés, mais les Palestiniens sont tués et meurent. Est-ce vrai ? Le problème ne commence pas avec le fait que nous ne sommes pas autorisés à écrire qu’un soldat ou un policier a assassiné des Palestiniens, à bout portant, quand sa vie n’était pas en danger, ou qu’il l’a fait par télécommande, ou depuis un avion ou un drone. Mais c’est une partie du problème. Notre compréhension est captive d’un langage censuré rétroactivement qui déforme la réalité. Dans notre langage, les juifs sont assassinés parce qu’ils sont juifs, et les Palestiniens trouvent leur mort et leur détresse, parce ce que c’est probablement ce qu’ils cherchent.

Notre vision du monde est façonnée par la trahison constante par les médias israéliens de leur devoir de rapporter les évènements, ou leur manque de capacité technique et émotionnelle à contenir tous les détails de la guerre mondiale que nous sommes en train de conduire afin de préserver notre supériorité sur le territoire entre le fleuve et la mer.

Même ce journal n’a pas les ressources économiques pour employer 10 journalistes et remplir 20 pages d’articles sur toutes les attaques en période d’escalade et toutes les attaques de l’occupation en période de calme, depuis les fusillades lors de la construction d’une route qui détruit un village jusqu’à la légalisation d’un avant-poste colonial et à un million d’autres agressions. Chaque jour. Les exemples pris au hasard que nous arrivons à rapporter ne représentent qu’une goutte dans l’océan, et ils n’ont aucun impact sur la compréhension de la situation par la grande majorité des Israéliens.

 

 

Le but de cette guerre unilatérale est de forcer les Palestiniens à renoncer à leurs exigences nationales dans leur patrie. Netanyahu veut l’escalade parce que jusqu’à maintenant, l’expérience a prouvé que les périodes de calme après le bain de sang ne nous ramènent pas à la ligne de départ, mais plutôt rabaissent à un niveau toujours plus bas le système politique palestinien, et ajoutent aux privilèges des juifs dans un Grand Israël.

Les privilèges sont le principal facteur qui déforme notre compréhension et notre réalité, en nous aveuglant. À cause d’eux, nous échouons à comprendre que même avec une direction faible, « présente-absente », le peuple palestinien, dispersé dans ses réserves indiennes, n’abandonnera pas, et qu’il continuera de puiser la force nécessaire pour résister à notre maîtrise malveillante.

 

[1] - Amira Hass (עמירה הס), née en 1956 à Jérusalem, est une journaliste et auteur israélienne, surtout connue pour ses colonnes dans le quotidien Ha’aretz. Elle est particulièrement connue parce qu’elle vit en Cisjordanie après avoir habité à Gaza et qu’elle rapporte les événements du conflit israélo-palestinien depuis les territoires palestiniens.

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