8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 19:08

 

L’effort contre l’échec ... Quoi que !

 

N’étant pas particulièrement sportif, j’ai toujours eu de l’admiration pour ces hommes et ces femmes capables de penser l’action comme un aboutissement personnel. Cependant en vieillissant, on fait la part des choses et, la magie que l’on percevait des évènements d’autrefois, n’a plus lieu aujourd’hui. Du moins c’est mon cas.

Il n’en demeure pas moins, que parmi tous les champions que le sport a engendrés, il y en a certains qui m’ont marqué plus particulièrement. Tous ceux de ma génération se souviendront sans peine, de Mohamed Ali au style incomparable, d’Eddy Merckx, surnommé « Le cannibale » pour sa faim de victoires, de Kareem Abdul-Jabbar le pivot légendaire ou d’Éric Tabarly et ses fameux Pen-Duick.

Comme vous l’aurez deviné, je vous invite aujourd’hui à découvrir qui sont les sportifs, dont le visage apparait ci-dessous.  

 

Qui sommes-nous ?

 

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 21:16

 

Défense de la liberté d’informer

Non à la directive « secret des affaires » !

Élise Lucet

(Journaliste de télévision)

 

Bientôt, les journalistes et leurs sources pourraient être attaqués en justice par les entreprises s’ils révèlent ce que ces mêmes entreprises veulent garder secret. À moins que nous ne réagissions pour défendre le travail d’enquête des journalistes et, par ricochet, l’information éclairée du citoyen.

 

Elise Lucet

 

Sous couvert de lutte contre l’espionnage industriel, le législateur européen prépare une nouvelle arme de dissuasion massive contre le journalisme, le « secret des affaires », dont la définition autorise ni plus ni moins une censure inédite en Europe.

Avec la directive qui sera bientôt discutée au Parlement, toute entreprise pourra arbitrairement décider si une information ayant pour elle une valeur économique pourra ou non être divulguée. Autrement dit, avec la directive « Secret des Affaires », vous n’auriez jamais entendu parler du scandale financier de Luxleaks, des pesticides de Monsanto, du scandale du vaccin Gardasil... Et j’en passe.

Notre métier consistant à révéler des informations d’intérêt public, il nous sera désormais impossible de vous informer sur des pans entiers de la vie économique, sociale et politique de nos pays. Les reportages de Cash Investigation, mais aussi d’autres émissions d’enquête, ne pourraient certainement plus être diffusés.

Avec ce texte, un juge saisi par l’entreprise sera appelé à devenir le rédacteur en chef de la Nation qui décide de l’intérêt ou non d’une information. Au prétexte de protéger les intérêts économiques des entreprises, c’est une véritable légitimation de l’opacité qui s’organise.

Si une source ou un journaliste « viole » ce « secret des affaires », des sommes colossales pourraient lui être réclamées, pouvant atteindre des millions voire des milliards d’euros, puisqu’il faudra que les « dommages-intérêts correspondent au préjudice que celui-ci a réellement subi ». On pourrait même assister à des peines de prison dans certains pays.

 

 

Face à une telle menace financière et judiciaire, qui acceptera de prendre de tels risques ? Quel employé, comme Antoine Deltour à l’origine des révélations sur le scandale Luxleaks, osera dénoncer les malversations d’une entreprise ? Les sources seront les premières victimes d’un tel système, mais pas un mot ne figure dans le texte pour assurer leur protection.

Les défenseurs du texte nous affirment vouloir défendre les intérêts économiques des entreprises européennes, principalement des « PME ». Étonnamment, parmi celles qui ont été en contact très tôt avec la Commission, on ne relève pas beaucoup de petites PME, mais plutôt des multinationales rôdées au lobbying : Air Liquide, Alstom, DuPont, General Electric, Intel, Michelin, Nestlé et Safran, entre autres.

Ces entreprises vont utiliser ce nouveau moyen offert sur un plateau pour faire pression et nous empêcher de sortir des affaires…

Vu l’actualité Luxleaks, nous ne tolérons pas que nos élus se prononcent sur un texte aussi grave pour la liberté d’expression sans la moindre concertation avec les représentants de la presse, les lanceurs d’alertes et les ONG. Seuls les lobbies industriels ont été consultés.

 

Multinationales rôdées au lobbying

 

Nous, journalistes, refusons de nous contenter de recopier des communiqués de presse pour que vous, citoyens, restiez informés. Et comme disait George Orwell :

Le journalisme consiste à publier ce que d’autres ne voudraient pas voir publié : tout le reste n’est que relations publiques.

C’est pourquoi je demande, avec l’ensemble des signataires ci-dessous, la suppression de cette directive liberticide.

Le 16 juin prochain, une commission de députés européens, la commission JURI, se réunira pour valider ou non ce texte. C’est le moment de nous mobiliser pour dire non à la censure en Europe.

 

Signez la pétition

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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 18:42

 

Nouvelles du futur

Ou

Les secrets du monde qu’on nous prépare

(Charles Daraya)

 

01 - Le rêve d'un colosse

02 - Machine & humanisation

Partie I

03 – Jouir de consommer

 

Entre la fin du XIXe siècle et le milieu du XXe siècle, cette culture de la production a elle-même commencé d’être servie par une nouvelle invention des détenteurs du capital : la culture de la consommation.

Ce mode de vie a été imaginé pour favoriser la commercialisation intensive et extensive des biens produits, sans laquelle les outils industriels auraient été tôt ou tard condamnés, faute de clientèles suffisantes ou fréquemment renouvelées. Il sera porté à son apogée par « l’American way of life » par lequel la consommation est devenue un mode de vie.

L’intensivité assure le renouvellement permanent des biens vendus. On a dans ce but commencé de programmer l’obsolescence artificielle des produits vendus. En contrepartie, leur innovation permanente a été organisée, et valorisée par des discours publicitaires.

Parmi bien d’autres cas, on connaît ainsi celui, fameux, du cartel international des ampoules électriques. À partir de 1925, ce dernier se mit secrètement d’accord pour vendre des ampoules dont la durée de vie devait être limitée à 1000 heures. Pourtant, dès l’invention de ces luminaires, on a su les fabriquer pour qu’ils soient presque éternels. D’ailleurs, il existe une ampoule solitaire qui éclaire jour et nuit la caserne de pompiers américains depuis plus d’un siècle [1]… Il existe également de nombreux brevets d’ampoules destinées à briller 100 000 heures et plus, qui ne furent jamais exploités faute d’être périssables. En fait, les luminaires actuels pourraient fonctionner pour l’éternité, puisqu’ils ne sont plus des résistances électriques chauffées que le temps consume peu à peu. 

 

 

Aujourd’hui pourtant, les ampoules comme la quasi-totalité des produits sont conçus pour rendre l’âme au bout de quelques mois ou années. Tout dépend des durées qui sont décidées et acceptées. Selon des conventions qui sont très relatives aux biens, en fonction des usages et des valeurs qu’on leur attribue. On produit des briquets jetables, de la vaisselle à usage unique, alors qu’on ne vendra jamais des maisons ou des automobiles consommables.

Et en dehors des biens d’équipements, ce sont aussi des phénomènes de mode, construits de toutes pièces et poussés à grands renforts de publicités, qui s’acharnent chaque année davantage à rendre périssables des produits dont la durée de vie était, autrefois, celle de leur usure naturelle (textiles, chaussures, ameublement, etc.). Nous le verrons prochainement dans « Un processus implacable ».

Bien sûr, cette obsolescence programmée pour être de plus en plus courte (trois à quatre années actuellement s’agissant des biens courants), aura également servi les intérêts des réseaux de distribution généralistes et spécialisés. Dès la fin du XIXe siècle, ceux-ci furent le vecteur nécessaire, ensuite déterminant, de la diffusion de la culture consumériste.

Pour vendre ses productions industrielles, ces réseaux de distribution eurent également besoin de voir leur déchéance programmée. Celle-ci confortait les équilibres économiques de ces commerces, en établissant un flux d’approvisionnement /vente permanent de biens. Un renouvellement des ventes qui, jusque-là et pour l’essentiel, n’était possible qu’avec les biens alimentaires, car les clients de ces réseaux ont toujours eu la nécessité de se nourrir tous les jours.

 

 

L’extensivité ouvre la consommation des produits industrialisés à de nouvelles clientèles. Elle consiste à baisser leurs prix unitaires et/ou à transformer l’idée qu’on se fait de leurs usages, si bien que les volumes de leurs ventes augmentent considérablement. Ce qui, là aussi, assure l’expansion et la pérennité des parcs de machines productives.

Avec la Ford T et dès les années 1930, l’automobile est ainsi devenue un produit bon marché, accessible aux masses populaires. Ce fut le résultat d’une décision, prise par Henry Ford, le fondateur de la firme éponyme, et non pas la conséquence d’une banalisation que le temps induit souvent [2].

À la même époque aux USA, la cigarette était principalement une consommation masculine. Cette spécialisation ne convenait plus à l’industrie du tabac, alors au bord de la faillite. Celle-ci ne dut son salut qu’à une propagande consistant à convaincre les femmes de fumer comme les hommes, pour ainsi afficher leur émancipation égalitaire. Le succès de l’opération fut tel, que cette industrie devint l’une des plus prospères au monde. 

 

 

En France, après-guerre, la marque Moulinex a prétendu « libérer la femme » pour peu qu’elle utilise ses petits robots ménagers. À cette époque aussi, les populations des villes françaises étaient éprouvées, et l’existence réglée qu’elles menaient fabriquait déjà des personnes stressées ou esseulées.

Pour soulager et détendre ces citadins, le Club Med leur a ouvert en 1950 les portes de ses villages de vacances tout compris – parties de jambes en l’air sous-entendues également. Le succès fut si extraordinaire que la presse d’alors s’inquiéta de savoir si ce commerce touristique licencieux n’était pas plutôt un mouvement libertaire en marche. C’était en 1958, année du retour au pouvoir du général de Gaulle, fermement décidé à remettre le pays en ordre.

L’ironie de l’Histoire est que l’esprit du temps était déjà joué : mille autres exemples parlent de cette préoccupation de libérer le plaisir. Pour y voir clair à cette époque, il aurait suffi de considérer avec le sérieux de la durée des faits de consommation peut-être frivoles, mais passionnant les foules de tous les pays occidentaux.

Dix ans avant Mai 68, faire savoir qu’on libérait tout le monde à tout propos était devenu le credo des industries les plus en pointe dans cette modernité consumériste. Un phénomène dont l’origine fut la mécanisation du monde. Et le résultat, un changement culturel de vaste ampleur qui aura mis un siècle et plus pour s’énoncer comme tel : jouir, c’était consommer.

 

 

[1] - À Livermore, Californie, depuis 110 ans. Cette ampoule de 60 watts bénéficie d’un titre du Guiness book des records. Son étanchéité, sans doute parfaite, doit produire le vide protecteur de son filament de carbone.

[2] - Henri Ford (1863-1947) a explicitement dit que s’il baissait le prix de ses voitures, c’était pour que ses ouvriers les achètent.

 

Suite au prochain numéro

Un processus implacable

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