24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 16:04

 

Gilad Atzmon

In loving memory of America

2009

 

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 19:51

 

Censure un jour, censure toujours

Par

Yannik Chauvin

(Docteur en droit, écrivain, compositeur)

 

 

Moi, je l’aime bien, Michèle Delaunay, vous savez, cette députée PS de Gironde pour laquelle il n’existe pas de cimetières chrétiens, juste des cimetières municipaux. Le printemps bourgeonne, alors elle a décidé de se faire remarquer, une fois de plus. Dans le cadre du débat parlementaire sur la mise en place du paquet de cigarettes neutre, elle a gazouillé : « Il est indispensable que la loi Évin soit appliquée pour les films français qui contiennent aujourd’hui pour 80 % des scènes de tabagisme. ». Ergo, finies les clopes dans les films ! Z’ont qu’à chiquer du chewing-gum, mâchouiller des pousses de bambou ou suçoter des bâtons de bois, comme Telly Savalas. C’est beau, cette idée ! C’est grand ! Quelle hardiesse dans le cerveau de la dame !

 

 

Et les scènes de shoot, qu’est-ce qu’on en fait ? On garde ? On censure ? Parce que la drogue, dure ou pas, ce n’est pas terrible pour la santé. Alors, Madame, que dites-vous ? Ah ! La ministre des camés et des maux vient d’autoriser les salles, alors pas question d’interdire ! Très bien, va pour la came.

L’alcool… Ah, là, ça devient sérieux : foies en chou-fleur, et accidents de voiture avec plein de morts et de blessés graves sanguinolents, juste parce qu’un poivrot bourré au gros rouge a pris le volant. Alors, Madame, dans les films, on supprime les scènes de bistro, de déjeuner, de dîner, de souper, de champagne ? Fini les pots, les banquets, les mariages et même les enterrements ! En Gironde, où vous sévissez, ils vont adorer l’idée !

Et le porno ? Vous y avez pensé, au porno, Madame la bien-pensante sélective ? Un bon film X et Pervers Pépère se retrouve à la sortie de l’école, sourire adipeux et imperméable entrebâillé. Si ! Si ! Ça s’est vu, j’vous jure, et même pire. Alors, qu’est-ce qu’on fait des films X ? On censure ? On les autorise à condition de ne montrer ni le monsieur ni la dame, juste le droit de filmer le pot de fleur ? Même le son – les « Aaahhh ! Aaahh » – sera remplacé par Une petite musique de nuit de Mozart.

 

Maigret, la tête de turc

 

Et les courses de voitures : 180 km/h dans les rues de la ville, et sans ceinture, s’il vous plaît. C’est que ça donne des idées, ce genre de scène. Que fait-on ? À la trappe ! Interdit ! Verboten ! Retour au bon vieux Solex de Janique Aimée !

Certains, c’est la vue d’un flingue qui leur donne des démangeaisons dans la phalange. Par pitié, ne les tentez pas, interdisez également les armes au cinéma : plus de Walther PPK, de 317 Magnum, de fusil-mitrailleur, de kalach’, de porte- avions, de chars d’assaut, plus rien. Et le grand Fredo qui tabasse méchamment la jolie Magali, on garde ?

Quand vous aurez interdit tout cela, le bon peuple, l’œil ruisselant de reconnaissance envers la bienfaitrice que vous êtes, demandera à genoux que l’on vote, enfin, une loi contre la bêtise.

Published by Willow - dans Divers
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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 22:47

 

Percy Sledge - When a man loves a woman

1966

Calvin Lewis & Andrew Wright

 

Il y a des jours où l’on maudit le ciel de ne pas nous épargner une telle nouvelle. Le Crabe venait de frapper une fois encore en jetant son dévolu sur l’un des plus grands chanteurs de Soul que la musique américaine nous ait permis d’entendre. Quand on est comme moi un auditeur assidu des nuits animées par Georges Lang sur RTL, il est impossible de ne pas en être ému.

Comment pourrait-il en être autrement face à la disparition de l’interprète d’un des slows les plus langoureux de l’histoire de la musique. Il est vrai qu’il est question ici, d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre … Quoi que !

 

Percy Sledge - 1966 - When a man loves a woman

 

Percy Sledge, puisque c’est de lui dont il s’agit,  aura fait sa carrière sur une seule et unique chanson : « When a man Loves a woman ». Comme souvent, voire toujours, il y a une petite histoire derrière chaque classique. Notre inoubliable ami, donc, est né en Alabama en 1941, et a longtemps officié dans les champs de coton ; ces endroits emblématiques où tant autres avant lui ont chanté à gorge déployée, juste histoire de se donner du cœur au ventre.

C’est en 1965, dans un coin perdu, que son chemin croise celui d’une formation de rhythm and blues interprétant des reprises. Un soir, le chanteur de « The esquires » fait faux bond et c’est Percy Sledge qui le remplacera au pied levé. Est-ce un manque de chance ou une bénédiction, toujours est-il que ce fameux soir notre séducteur, tentant d’oublier un énième chagrin d’amour dans l’alcool, s’avèrera être rond comme une queue de pelle. A sa demande, ses accompagnateurs improviseront une grille d’accords sur laquelle il improvisera à son tour. Le titre de la chanson : « Why did you leave me ? ».

 

Percy Sledge accompagné par le jeune Jimi Hendrix

 

Pour la maigre assistance, dont Quin Ivy (disc-jockey,  compositeur et producteur de disques), il s’agit là d’un tube en puissance. Aussitôt dit, ils prendront la direction du studio où l’improvisation en question prendra le titre de « When a man loves a woman ». Ce diamant musical est d’une si belle facture que le label Atlantic s’en empare illico pour le transformer en numéro un des ventes de disques dans tous les USA.

Le plus fameux de l’histoire, c’est qu’entre-temps, saisi par on ne sait quel élan de générosité, Percy Sledge a cédé les droits de la pépite à ses accompagnateurs du moment ; lesquels deviendront bientôt millionnaires à sa place. Comme on le sait, la foudre ne tombe que rarement deux fois au même endroit. Alors, ne retrouvant jamais la formule magique de jadis, il poursuivra malgré tout son petit bonhomme de chemin en démontrant à tous, qu’il serait à jamais une voix de l’époque où la musique noire américaine tutoyait les anges.   

Published by Willow - dans Juke-Box
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