22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 17:32

 

Bravo, les Allemands

Ou

Comment mener une interview

(Alexander Mercouris)

 

Poutine a profité de la pause de Noël en Russie pour donner une interview au tabloïd allemand Bild-Zeitung.

Fait exceptionnel pour les médias occidentaux, les intervieweurs allemands se sont révélés être tous les deux bien informés et intelligents et ont évité les clichés, donnant à Poutine une bonne occasion de s’expliquer succinctement sur un large éventail de sujets.

Le fait que les intervieweurs de Bild-Zeitung aient conduit l’interview avec autant d’intelligence montre indirectement que les vraies causes des tensions actuelles dans les relations internationales sont bien comprises en Allemagne, y compris par les médias de là-bas, même si elles ne sont pas ouvertement exprimées.

 

Interview au journal allemand Bild

 

L’expansion de l’Otan « Pas d’un pouce vers l’Est »

Sur la plupart des thèmes couverts par l’interview, Poutine avait peu de nouveau à dire. Cette question était l’exception.

Comme on le sait, les Russes ont un grief permanent : après la chute du mur de Berlin, l’Otan s’est étendue à l’Est, en contradiction avec les promesses faites à la Russie. Ces dernières années, quelques historiens universitaires ont fait des tentatives répétées pour nier cette réalité. Aucune promesse de ne pas étendre l’Otan à l’Est n’aurait jamais été accordée, et les déclarations bien connues, certaines publiques, de divers responsables occidentaux pendant les années 1990 qui semblent faire cette supposée promesse ne se référaient qu’au déploiement à l’Est des installations militaires de l’Otan dans l’ancienne Allemagne de l’Est et n’étaient prévues pour être appliquées que tant que l’URSS existait encore.

Cette réfutation est à peine croyable et a été catégoriquement démentie par des responsables occidentaux qui avaient été concrètement impliqués dans les pourparlers. Poutine affirme qu’il a récemment ordonné une recherche dans les archives russes qui a permis de retrouver la confirmation que la promesse a bien été faite. Il se réfère à des entretiens entre Valentin Falin, à l’époque chef du Département international du Parti communiste d’Union soviétique, et divers politiciens allemands, dont il dit qu’ils n’ont jamais été rendus publics jusqu’à aujourd’hui.

Comme Valentin Falin était un dirigeant du Parti communiste, les enregistrements de ces rencontres étaient détenus par le comité central du parti plutôt que par le ministère des Affaires étrangères, ce qui peut expliquer pourquoi ils ont été négligés jusqu’à présent. Poutine soutient que ces enregistrements fournissent non seulement une preuve supplémentaire que la promesse a été faite, mais montrent aussi que l’un des principaux interlocuteurs de Falin, l’éminent politicien du SPD [Parti social-démocrate allemand] Egon Bahr, a même suggéré la refonte de tout le système d’alliance européen pour y inclure la Russie et a averti des dangers futurs si ce n’était pas fait. Bahr vient de mourir et peut-être la véritable raison pour laquelle les Russes ne divulguent ce qu’il leur a été dit que maintenant est qu’ils voulaient éviter de l’embarrasser.

Si c’est ça, la révélation par Poutine de sa conversation en 1990 avec Falin peut autant avoir eu pour but de rappeler aux actuels politiciens allemands, Merkel, Gabriel et Steinmeier, que les Russes détiennent un enregistrement complet de ce qu’ils leur ont dit, que de faire la lumière sur la question des promesses émises en 1990 à propos de l’expansion de l’Otan.

Mon point de vue est que bien qu’une promesse de ne pas étendre l’Otan à l’Est a été faite de manière certaine et à plusieurs reprises, les politiciens occidentaux, à quelques exceptions notables près, n’ont jamais eu sérieusement l’intention de la tenir.

Bahr, dont je me souviens bien, ne faisait pas partie de ces exceptions. Son discours grandiose sur une alliance pan-européenne incluant la Russie n’était, à mon avis, qu’un nouvel exemple d’un politicien allemand bernant les Russes pour permettre aux Allemands d’atteindre plus facilement leur but,  l’unification de l’Allemagne au sein de l’Otan.

Je soupçonne fortement Poutine de penser la même chose.

Son seul commentaire le plus intéressant dans toute l’interview a été d’admettre que la Russie était elle aussi critiquable pour avoir fait trop confiance à l’Occident et pour ne pas défendre vigoureusement ses intérêts :

« Nous avons échoué à affirmer nos intérêts nationaux, alors que nous aurions dû le faire dès le début. Alors le monde entier aurait été plus équilibré. » Ce commentaire anticipe la manière dont les Russes vont agir à l’avenir autant qu’il fait référence au passé.

Le droit des pays d’Europe de l’Est à entrer dans l’Otan et l’UE

Quiconque discute de la question de l’expansion de l’Otan et de l’UE à l’Est avec l’un des défenseurs de cette position se heurte invariablement à l’argument selon lequel les Russes n’ont pas le droit de se plaindre de cette expansion parce que c’est le droit des peuples d’Europe de l’Est d’en jouir.

J’ai encore entendu cet argument il y a quelques jours dans un débat entre le journaliste britannique Peter Hitchens, qui s’oppose à l’expansion à l’Est de l’Otan et de l’UE, avec un groupe d’étudiants anglais.

Il faudrait dire clairement que c’est un argument bidon. Les États d’Europe de l’Est n’ont aucun droit d’adhérer à l’Otan ou à l’Union européenne. Ils ont le droit de demander à les rejoindre. L’Otan et l’UE n’ont aucune obligation, légale ou morale, d’accepter cette demande, si elle est faite. Au contraire, elles ont le devoir de la refuser si l’accepter menace la paix et contredit les promesses faites auparavant aux Russes.

Quant aux Russes, ils ont autant le droit de protester contre l’expansion de l’Otan et de l’UE à l’Est que les Européens de l’Est ont celui de la demander. En fait, étant donné qu’on leur a promis à plusieurs reprises que cela n’arriverait pas, les Russes en ont plus le droit. Chaque fois que ce point est évoqué, il semble toujours surprendre, même si ce n’est pas fondamentalement différent de ce que les Occidentaux disent aux Russes, qu’ils soient libres eux aussi de demander à adhérer à l’Otan ou l’UE s’ils le désirent, sans aucune chance d’y être jamais admis. Il est par conséquent frappant de voir Poutine, pour la première fois, à ma connaissance, évoquer ce sujet publiquement :

« Est-ce que la Charte (de l’Otan) dit qu’elle doit accepter d’admettre tous ceux qui veulent en faire partie ? Non. Il faut des critères et des conditions. S’il y avait eu une volonté politique, s’ils l’avaient voulu, ils auraient pu faire quelque chose. Ils n’ont seulement pas voulu le faire. Ils voulaient régner. Donc ils se sont assis sur le trône. Et ensuite ? Et ensuite les crises dont nous parlons maintenant sont arrivées. »

 

L’expansion de l’Otan

 

L’Ukraine et les Accords de Minsk

Suite à mon article sur l’importance de la nomination de Boris Gryzlov au poste de représentant de la Russie dans le Groupe de contact, il y a eu quelques préoccupations compréhensibles sur le fait que la nomination de ce poids lourd ait eu lieu dans le but d’intimider la milice pour qu’elle fasse davantage de concessions aux Ukrainiens.

L’interview de Poutine devait faire tomber cette appréhension. Il dit tout à fait clairement que c’est Kiev qui enfreint les Accords de Minsk et que c’est Kiev qui doit faire des compromis.

Poutine dit la même chose que ce que j’ai dit auparavant, qu’il est totalement absurde de lier la question de la levée des sanctions de l’UE sur la Russie avec celle de la mise en œuvre des Accords de Minsk quand c’est l’Ukraine et non la Russie qui ne l’applique pas :

« Tout le monde dit qu’il faut appliquer les Accords de Minsk et qu’ensuite la question des sanctions sera reconsidérée. Cela commence à ressembler au théâtre de l’absurde parce tout ce qui doit être fait d’essentiel par rapport à l’application des Accords de Minsk relève de la responsabilité des actuelles autorités de Kiev. Vous ne pouvez pas demander que Moscou fasse quelque chose qui doit être fait par Kiev. Par exemple, la question principale, la question clé dans le processus de règlement est de nature politique et la réforme constitutionnelle y est centrale. C’est le point 11 des Accords de Minsk. Il dit expressément qu’une réforme constitutionnelle doit être mise en œuvre et ce n’est pas à Moscou de prendre ces décisions. Regardez, tout est prévu : l’Ukraine doit effectuer une réforme constitutionnelle et celle-ci doit entrer en vigueur à la fin de 2015 (paragraphe 11). Aujourd’hui l’année 2015 est passée. »

Je voudrais ajouter que cet échange donne un bon exemple de la connaissance extraordinaire de Poutine et sa maîtrise des détails. Lorsque les intervieweurs allemands ont tenté de le faire trébucher en déformant le contenu des Accords de Minsk, il avait les faits sous la main et a immédiatement rectifié :

Question : La réforme constitutionnelle doit être mise en œuvre après la fin de toutes les hostilités armées. Est-ce cela que dit le paragraphe ?

Vladimir Poutine : « Non, pas du tout.

Écoutez, je vais vous donner la version anglaise. Qu’est-ce qu’elle dit ? Paragraphe 9 : rétablissement du contrôle total sur la frontière du pays par le gouvernement ukrainien, sur la base de la loi ukrainienne relative à la réforme constitutionnelle à la fin de 2015, pour autant que le paragraphe 11, qui prévoit la réforme constitutionnelle, ait été appliqué.

Par conséquent, la réforme constitutionnelle et les processus politiques doivent être mis en œuvre d’abord, pour ensuite construire la confiance sur la base de ces réformes et de la réalisation de tous les processus, y compris la fermeture de la frontière. Je crois que nos partenaires européens, la chancelière allemande et le président français, devraient examiner ces problèmes plus attentivement. »

Par ailleurs, sur la question de la légitimité du gouvernement ukrainien actuel, quelque chose qui est toujours évoqué de temps en temps en Russie, j’aimerais répéter quelque chose dont j’ai parlé il y a un an.

Non seulement Poutine continue à insister sur le fait que le changement du pouvoir en Ukraine, en février 2014, était anticonstitutionnel et illégal et n’était pas une révolution mais un coup d’État, mais il évite prudemment d’utiliser le terme gouvernement ukrainien pour parler des autorités de Kiev. Au lieu de quoi, il emploie des mots comme Kiev ou les autorités actuelles à Kiev pour les désigner. Il est difficile de se défaire de l’impression que Poutine, et probablement le gouvernement russe dans son ensemble, au fond ne considèrent pas l’actuel gouvernement de Kiev comme légitime, et ne le considéreront pas comme tel jusqu’à ce qu’il y ait eu de nouvelles élections en Ukraine à la suite d’un accord sur une nouvelle Constitution.

 

L’Ukraine et les Accords de Minsk

 

La Crimée

Poutine n’a rien dit de nouveau à ce sujet, mais il a répété un point important qu’il avait mentionné à plusieurs reprises depuis que la Crimée a voté son rattachement à la Russie en mars 2014. C’est que, contrairement aux affirmations répétées des gouvernements et des médias occidentaux, la sécession de la Crimée par rapport à l’Ukraine et sa décision subséquente de rejoindre la Russie sont conformes au droit international tel qu’énoncé par la Cour internationale de justice dans son avis consultatif sur le Kosovo, et tel qu’il a été argumenté dans ce cas par les représentants juridiques des gouvernements de l’Ouest.

Poutine a tout à fait raison à ce sujet, et j’ai été très surpris de lire dans une interview par ailleurs excellente que le commentateur Rostislav Ichtchenko ne semble pas le comprendre.

Que l’interprétation par Poutine de l’avis consultatif est correcte ne ressort pas seulement du texte lui-même. Cela se manifeste aussi dans la manière dont les gouvernements et les médias occidentaux ont évacué toute discussion à son propos et que, par conséquent, le public occidental n’en sait rien. Cela même si ses intervieweurs allemands connaissent certainement cet avis, comme l’interview de Poutine le montre.

J’ajouterai que si l’interprétation par Poutine de cet avis consultatif était fausse, l’Ukraine aurait certainement déposé une plainte contre la Russie à la Cour internationale de justice. L’Ukraine plaide régulièrement contre la Russie dans d’autres tribunaux sur des sujets bien moins importants. Il est inconcevable que s’ils avaient vraiment pensé gagner leur procès sur la question bien plus grave de la Crimée, ils n’aient pas déposé une plainte à l’heure qu’il est. Le fait que l’Ukraine n’ait pas entamé d’action contre la Russie auprès de la Cour internationale de justice montre qu’elle sait, et qu’elle a été mise en garde à ce propos par les gouvernements occidentaux, qu’elle perdrait.

 

La Crimée

 

L’économie russe

L’interview s’est principalement focalisée sur la politique étrangère. Cependant, Poutine a pris soin de dire quelque chose sur la situation de l’économie russe, même si on ne lui a pas posé de question directe à ce sujet.

Poutine a donné les chiffres pour l’économie russe en 2015, une contraction de 3.8% du PIB, 3.3% dans la production industrielle et une inflation de 12.9% (ce dernier chiffre a été maintenant confirmé par Rosstat).

Il a dit assez clairement, comme je m’y attendais, que les Russes répondront aux prochaines baisses du prix du pétrole depuis le début de l’année par des coupes budgétaires plutôt que par des augmentations d’impôts ou des emprunts sur les marchés financiers internationaux (bien que je note que Reuters a maintenant admis plutôt à contrecœur que la Russie avait en effet ce choix).

« Le coup le plus douloureux dans la situation actuelle, d’abord pour notre économie, est celui causé par la chute des prix de nos biens d’exportation traditionnels. Mais ces deux choses ont des aspects positifs. Lorsque les prix du pétrole sont élevés, il est très difficile pour nous de résister à la tentation de dépenser les recettes que cela rapporte pour couvrir les dépenses courantes. Je crois que le déficit de nos produits non pétroliers et gaziers a atteint un niveau alarmant. Donc aujourd’hui nous sommes contraints de le réduire. Et c’est sain… Le déficit total est assez faible. Mais si on ne prend en compte que le déficit pétrolier et gazier, alors on voit que ce dernier est trop grand. Pour le réduire, des pays comme la Norvège, par exemple, mettent une part importante des recettes non pétrolières et gazières en réserve. C’est très difficile, je le répète, de résister à dépenser ces revenus pour couvrir les dépenses courantes. C’est la réduction de ces dépenses qui renforce l’économie.»

Le budget russe a sans nul doute des possibilités de réduction des dépenses et cela, avec la chute continuelle du rouble parallèlement aux prix du pétrole, devrait suffire pour maintenir le déficit dans des limites contrôlables même si les prix du pétrole continuent à chuter. Le principal problème posé à la Russie par la baisse continuelle des prix du pétrole n’est pas son effet sur le budget. C’est que cela contraint la Banque centrale à maintenir des taux d’intérêt élevés, ce qui prolonge la récession.

 

L’économie russe

 

Le Moyen-Orient

Poutine n’a rien apporté de nouveau sur ce plan, mais comme chaque fois, il a dit tout à fait clairement qu’il pense que c’est la stratégie de changement de régime poursuivie par les États-Unis et certains de leurs alliés depuis 2001 qui a déstabilisé la région. En dehors de la communauté puissante et éloquente des interventionnistes libéraux occidentaux et des néocons, il y a peu de gens aujourd’hui qui ne seraient pas d’accord avec lui. Pourtant, Poutine a expliqué une fois de plus les motifs de l’intervention russe en Syrie.

« Je peux vous dire précisément ce que nous ne voulons pas qu’il arrive : nous ne voulons pas que le scénario libyen ou irakien se répète en Syrie. […] À mon avis, il ne faut épargner aucun effort pour renforcer les gouvernements légitimes dans les pays de la région. Cela s’applique aussi à la Syrie. De nouvelles institutions étatiques en Irak et en Libye doivent être rétablies et renforcées. La situation en Somalie et dans d’autres pays doit être stabilisée. L’autorité de l’État en Afghanistan doit être renforcée. Cela ne signifie pas pour autant que tout devrait rester tel quel. En effet, cette nouvelle stabilité devrait appuyer les réformes politiques. »

Autrement dit, l’actuel soutien de la Russie au président Assad n’est pas une fin en soi. La Russie n’a pas d’intérêts géopolitiques en Syrie ou dans la région. Cependant, elle voit la propagation du chaos et du djihadisme violent en Syrie et ailleurs comme quelque chose d’extrêmement dangereux, pour elle-même d’abord, mais aussi pour le monde en général, et elle est déterminée à faire ce qu’elle peut pour l’empêcher. L’intervention des Russes en Syrie vise à stabiliser la situation tout en poussant dans le sens d’une solution politique au conflit parallèlement à leur effort militaire.

De nouveau, il y a peu de gens hors de la communauté encore très puissante des interventionnistes libéraux occidentaux et des néocons pour être ouvertement en désaccord avec cette analyse, bien qu’il y en ait certains pour se demander si les motifs de la Russie sont vraiment aussi simples que Poutine le dit ici.

Sur le conflit entre l’Arabie saoudite et l’Iran, Poutine a fait très attention de ne pas prendre parti, soulignant plutôt les bonnes relations de la Russie à la fois avec l’Arabie saoudite et avec l’Iran, tout en disant clairement que l’amitié de la Russie va prioritairement à l’Iran : « Nous avons de très bonnes relations avec l’Iran et notre partenariat avec l’Arabie saoudite est stable. »

 

 

En résumé

L’interview avec Bild-Zeitung montre un Poutine au meilleur de son éloquence. S’il n’a pas innové, il a visiblement profité de l’occasion de s’étendre sur des sujets qu’il traite souvent. L’intelligence de ses intervieweurs et le fait qu’ils aient été, pour une fois, bien informés, lui a permis de le faire. Cela contraste avec la discussion lourde comme du plomb que Poutine a eue l’an dernier avec un Charlie Rose, spectaculairement mal informé. Un débat effroyable à propos duquel je suis, pour une fois et exceptionnellement, d’accord avec le Kyiv Post.

L’interview avec Bild-Zeitung a couvert plusieurs thèmes que j’ai traités. Cela comprenait par exemple une analyse des relations de la Russie avec l’Allemagne et la nature de la relation de Poutine avec Angela Merkel. Ici, pour des raisons tout à fait compréhensibles, Poutine n’est pas allé au-delà des banalités, bien qu’on lui ait enfin donné l’occasion de tordre le cou à la formidable légende selon laquelle il avait délibérément poussé son chien sur Merkel afin de la déstabiliser et de la mettre mal à l’aise. Il est sans doute sincère quand il dit qu’il ne savait pas que Merkel avait peur des chiens lorsqu’il lui a présenté le sien, il s’est ensuite excusé auprès d’elle quand il l’a découvert.

Cette explication simple et sans aucun doute vraie sera, évidemment, supprimée ou ignorée lorsque des articles sur cet incident seront repris à l’Ouest.

L’interview contenait aussi une omission très importante. Il s’agit des relations de la Russie avec la Chine, un thème que les intervieweurs n’ont jamais évoqué. Cela reflète davantage l’incapacité de l’Occident d’accepter la réalité du partenariat stratégique russo-chinois que le peu d’importance accordé à cette question. La véritable mauvaise volonté, ou incapacité, des Occidentaux à en parler est, de fait, un signe de son importance.

L’impression de Poutine qui émane de l’interview est celle d’un homme calme et confiant, qui a pensé longuement et fortement aux questions dont il parle et qui les a analysées de manière approfondie avec d’autres membres du gouvernement russe et ses conseillers. Il ne fait aucun doute que les vues que Poutine exprime, sont celles du gouvernement dans son ensemble et que Poutine croit à ce qu’il dit et qu’il est sûr que ce qu’il dit est juste.

Par conséquent, Poutine est capable de parler de manière calme et mesurée, évitant les attitudes histrioniques et les hyperboles auxquelles les dirigeants occidentaux se livrent habituellement. Le seul moment où Poutine semble avoir parlé avec émotion est lorsqu’il a réfuté les affirmations occidentales selon lesquelles l’aviation russe en Syrie cible délibérément des civils.

Puisque Poutine croit incontestablement à ce qu’il dit, et puisque toutes les informations indiquent que le reste du gouvernement est d’accord avec lui et le soutient lorsqu’il le dit, tout comme la société russe en général, il est peu probable que les espoirs ou les attentes occidentales d’un changement soudain en Russie soient satisfaits.

Published by Willow - dans Divers
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