19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 19:59

 

Un Arabe de France

Sermonne

Les Arabes de France

 

Ce petit sermon aussi spontané que percutant fait le tour du Web. Un moment de lucidité, de simplicité, mais aussi de détente. À déguster sans modération, pour souffler un peu, en ces temps incertains...

NDLR : A la demande de l’intéressé, nous avons mis en ligne une version floutée de la vidéo de même, la voix a été modifiée.

 

 

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 01:37

 

Frankenstein

Ou

Le Prométhée moderne

 

Depuis plusieurs années, et ce n’est un secret pour personne, on sait que les réseaux djihadistes sont non seulement des ennemis mortels des peuples à travers le monde, mais qu’ils sont aussi des forces clandestinement utilisées par les États occidentaux et leurs alliés du golfe Persique dans la satisfaction d’intérêts profonds inavouables.

En mars dernier, dans un important article intitulé « L’État islamique, cancer du capitalisme moderne », Nafeez Ahmed avait résumé cette instrumentalisation récurrente de milices djihadistes par les principales puissances de l’OTAN et leurs partenaires afin de déstabiliser l’Afghanistan, la Bosnie, le Kosovo, la Libye puis la Syrie.

Comme l’a souligné le journaliste Marc de Miramon dans L’Humanité en juillet 2015, « pour Alain Chouet, ancien chef du service de renseignements de sécurité à la DGSE, la « guerre de civilisation » et celle contre le « terrorisme » brandies par le gouvernement français, comme par l’opposition de droite, constituent une imposture qui en masque une autre, celle de l’alliance militaire entre les pays occidentaux et les parrains financiers du djihad. » Dans le contexte de cette interview, Alain Chouet désignait les pétromonarchies wahhabites, essentiellement l’Arabie saoudite et le Qatar, auxquelles la France vend des armements sophistiqués malgré leur soutien notoire aux principaux réseaux djihadistes, et pas seulement en Syrie.

Soulignons-le : Monsieur Chouet est un ancien officier de renseignement qui a travaillé de nombreuses années en tant que chef du contre-terrorisme à la DGSE, les services secrets extérieurs français. Cet homme plus que tout autre sait de quoi il parle lorsqu’il affirme que nos « alliés » du Golfe sont « les parrains financiers du djihad ». Ainsi, son constat est aussi alarmant que révoltant en ce funeste 13 novembre, dans notre France déjà meurtrie par les attentats de Charlie Hebdo, de l’Hyper Cacher et de Montrouge.

Il est de notoriété publique que « notre actuel ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a ouvertement soutenu en décembre 2012 le Front al-Nosra, c’est-à-dire la branche « syrienne » d’al-Qaïda. À cette époque, cette organisation incluait Daesh, ces deux factions s’étant séparées en avril 2013. Selon les informations du journal Le Monde, « la décision des États-Unis de placer le front al-Nosra, un groupe djihadiste combattant aux côtés des rebelles, sur leur liste des organisations terroristes », a été vivement critiquée par des soutiens de l’opposition en Syrie. M. Fabius a ainsi estimé, mercredi, que « tous les Arabes étaient vent debout » contre la position américaine, « parce que, sur le terrain, ils font un bon boulot ». C’était très net, et « le président de la Coalition était aussi sur cette ligne », a ajouté le ministre.

 

Alain Chouet

 

Plus grave encore : en août 2014, le journal Le Monde a révélé que le Président Hollande avait ordonné aux services spéciaux français de livrer clandestinement des armes de guerre à des rebelles « modérés » en Syrie, ce qui est contraire à la Charte des Nations Unies et à l’embargo sur les armes alors en vigueur. Malheureusement, il s’est avéré que, selon le Canard Enchaîné du 21 janvier 2015, la plupart des armements livrés par les services français sont, d’une manière ou d’une autre, tombés entre les mains de groupes djihadistes, qui se réjouissent aujourd’hui de la vague d’attentats qui déstabilise la France en profondeur. Et l’État français n’est pas le seul fautif dans ce fiasco syrien. Selon l’expert Joshua Landis, « entre 60 et 80 % des armes que les États-Unis ont introduites en Syrie depuis 2011 sont allées à al-Qaïda et les groupes qui lui sont affiliés ».

À partir de l’année 2014, deux parlementaires de l’opposition ont successivement dénoncé le rôle trouble des services spéciaux français dans ce conflit, l’un d’entre eux ayant même déclaré en juin 2015 sur La Chaîne Parlementaire que « la France soutient al-Qaïda en Syrie ». En effet, d’après le député Claude Goasguen, « la France appuie des rebelles syriens, qui sont soi-disant des rebelles démocrates. Qui a récupéré les rebelles syriens démocrates ? Le front al-Nosra. Qu’est-ce que c’est qu’al-Nosra, al-Nosra ce n’est pas al-Qaïda ? Certains rebelles ont été récupérés par al-Qaïda avec des armes françaises. Le député (PS) Olivier Dussopt annonçait : « Nous continuons à fournir des armes à al-Nosra, par l’intermédiaire des rebelles syriens ! Je le dis, je l’ai dit à Monsieur le Drian en Commission de la Défense, je l’ai dit à Monsieur Fabius, comme tous les autres députés. Il va falloir éclairer tout ça ! L’attitude de la France en Syrie n’est pas nette ! » Comme de bien entendu, les révélations fracassantes du député Goasguen ont été quasiment ignorées par les médias français. De la même façon on pouvait relever le fait que ce  député (LR) accusait l’actuel gouvernement de soutenir al-Qaïda en Syrie (Front al-Nosra), alors que la majorité précédente, dont il est issu, s’était accommodée du fait qu’al-Qaïda en Libye (GICL) avait été intégrée aux opérations de l’OTAN ! Voilà à quel niveau notre État s’est abaissé, depuis quelques années, dans sa « post-politique arabe de la France ». Néanmoins, même en cas de changement de majorité, le prochain gouvernement continuera certainement de vendre des armements sophistiqués au Qatar et à l’Arabie saoudite  qui restent les principaux soutiens du djihadisme à travers le monde. »

 

Claude Goasguen (LR) - Olivier Dussopt (PS)

 

Plus globalement, depuis le 11 septembre, les intérêts profonds évoqués au début de cet article représentent un nombre inestimable de milliards de dollars de bénéfices pour différentes entreprises privées, principalement générés par la soi-disant « guerre contre le terrorisme ». Financées à perte par les contribuables occidentaux, ces interventions militaires catastrophiques et meurtrières ont engendré d’immenses profits pour les multinationales impliquées dans ce désastre mondial, tout en déstabilisant le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Asie centrale au point que les groupes extrémistes qui y sévissent aujourd’hui semblent impossible à arrêter. La catastrophe qu’a constitué jusqu’à présent cette soi-disant « guerre contre le terrorisme » est sans précédent : elle aurait tué au moins 1,3 millions de civils rien qu’en Irak depuis 2001, les foyers djihadistes se sont multipliés à travers le monde, et tant Daesh qu’al-Qaïda semblent plus menaçants, fanatiques et enracinés que jamais.

Affirmons-le clairement : dans le monde occidental, ce fléau djihadiste justifie des guerres à la légalité, à l’efficacité et à la légitimité douteuses, tout en accélérant un basculement autoritaire de nos États, ce qui s’est notamment traduit en France par la dangereuse « loi Renseignement ». À l’heure où j’écris ces lignes, le Président Hollande vient de décréter l’état d’urgence national, et nul doute qu’un durcissement sécuritaire majeur est en vue, sans parler d’une escalade militaire qui aggravera certainement ces conflits trop lointains et complexes pour que les citoyens s’y opposent. Au vu de l’échec retentissant de la « guerre globale contre le terrorisme », il serait peut-être temps de réfléchir collectivement à son utilité, au lieu de céder à la tentation de répondre à la violence par la violence.

Néanmoins, ces guerres auto-génératrices ne doivent plus masquer une réalité aussi cruelle que scandaleuse : depuis la fin des années 1970, des puissances occidentales majeures et leurs alliés du Golfe ont soutenu l’essor des principaux réseaux islamistes à travers le monde, que ce soit de manière directe ou non selon les circonstances et les acteurs concernés. En octobre 2015, après qu’une parlementaire états-unienne ait dénoncé sur CNN le soutien d’al-Qaïda par la CIA pour renverser Bachar el-Assad, un ancien officier de la CIA spécialisé dans le contreterrorisme a confirmé la collaboration de l’Agence avec cette nébuleuse terroriste pour faire tomber le gouvernement syrien. 

 

 

Insistons sur ce point : cet engagement clandestin de l’Agence et de ses alliés contre le gouvernement syrien implique militairement la France. En effet, en la comparant à la guerre secrète de la CIA en Afghanistan, l’éditorialiste du Point Michel Colomès a récemment écrit que les « Américains et les  Français, depuis l’entrée de la Russie dans la guerre syrienne, fournissent des armes à des islamistes réputés fréquentables. Ils ont la mémoire courte ». D’autres « islamistes réputés fréquentables » qui seraient revenus de Syrie sont-ils à l’origine de ces terribles attentats du 13 novembre ? Il est encore trop tôt pour répondre à cette question, mais il est clair que ces terroristes ont agi de façon coordonnée selon un mode opératoire clairement militarisé et djihadiste, deux, voire trois kamikazes ayant actionné leurs bombes devant notre Stade de France, symbole de l’unité, de la liesse populaire et du rassemblement.

Dans notre pays meurtri par ce funeste 13 novembre, le fait que le gouvernement français soutienne des djihadistes à l’étranger, et qu’il commerce sereinement avec leurs principaux parrains étatiques est grave, dangereux et inacceptable ! Aucune raison d’État, aucun intérêt supérieur, aucun impératif économique, diplomatique ou géopolitique ne peuvent le justifier. Ce constat doit susciter la mobilisation générale de tous les citoyens français. Nous devons faire pression sur notre gouvernement afin qu’il cesse d’armer et de soutenir les États qui répandent le fléau djihadiste à travers le monde depuis des décennies, au premier rang desquels l’Arabie saoudite et le Qatar. En effet, comme l’avait déclaré Alain Chouet dans l’interview citée au début de cet article, « ce que nous appelons « salafisme », en arabe, cela s’appelle « wahhabisme ». Et là nous sommes à contre-emploi de manière systématique et dans toutes les situations d’affrontement militaire, puisqu’au Moyen-Orient, au Sahel, en Somalie, au Nigeria, etc., nous sommes alliés avec ceux qui sponsorisent depuis trente ans le phénomène terroriste. »

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 18:11

 

Peuple & Culture

Ou

L’esprit Charlie

 

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